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Sauvages – Nathalie Bernard #rentréelittéraire2018

écrit par Les croutons 7 août 2018

Sauvages, c’est l’histoire de Jonas, 16 ans, Indien « accueilli » dans un pensionnat autochtone du Québec des années 1950. Plus largement, c’est l’histoire de ces établissements qui ont arraché des enfants à leur famille, leur tribu pour les élever selon cette volonté d’assimilation à la culture eurocanadienne tout en employant des méthodes méprisantes, allant jusqu’à la torture. « Tuer l’Indien dans l’enfant ». Des pensionnats qui par ailleurs ont perduré jusqu’aux années 1990.

C’est aussi une histoire qui prend aux tripes tant on est plongé(e)s dès les premières pages dans l’atmosphère de ce pensionnat, confronté(e)s au Père Seguin et à ses méthodes « d’éducation ». Là où l’autrice réussit à nous faire ressentir la sensation d’emprisonnement. Et puis arrive cette lueur d’espoir, celle qui nous tiendra comme elle tient Jonas jusqu’aux dernières pages. L’espoir de retrouver une liberté qui lui a été volée six ans plus tôt et qui lui sera rendue deux mois après ses 16 ans.

Alors on la caresse cette liberté, on l’imagine proche – 60 jours à tenir -, on la touche même du doigt puis voilà que tout bascule. Que soudain l’attitude du Père Seguin et des sœurs qui l’entourent, la Geôle dans laquelle on enferme les enfants récalcitrants, l’habitude d’obéir, fermer les yeux et courber l’échine deviennent insoutenables. Jonas commet l’irréparable avant de s’enfuir avec un autre pensionnaire et les voilà aussitôt traqués. Commence une chasse à l’homme violente et effrénée dans cette nature québecoise où le sol est gelé six mois de l’année, où les cours d’eau deviennent furieux au dégel et où la nature qu’on ne peut plus hostile est finalement la seule entité sur qui compter. Quand – les chasseurs et leur meute aux trousses – il faut rejoindre la voie ferrée pour survivre.

En plus du rythme haletant de cette course poursuite, l’écriture est elle aussi addictive, partageant le récit entre le dedans, le dehors et les souvenirs. Ceux qui permettent de se rappeler qui on est. Une ode à la liberté vibrante de vérité et à l’issue incertaine jusqu’aux dernières pages tant la mort paraît proche. À paraître le 29 août et en précommande sur le shop.

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