Accueil Les bilingues Les chaises * Raphaële Frier & Clothilde Staës (traduit en arabe par Nada Issa)

Les chaises * Raphaële Frier & Clothilde Staës (traduit en arabe par Nada Issa)

écrit par Les croutons 6 juillet 2018

Mel parlait il y a quelque temps de poésie et – surtout – du port a jauni, maison d’édition marseillaise comme l’indique son nom (à ceux qui connaissent le Vieux Port les jours de pluie). Une maison indépendante qu’on affectionne particulièrement tant sa production est soignée, sélectionnée aux petits oignons et intelligente. Des livres de poésie et des albums jeunesse dont le texte a la singularité d’être présenté en arabe et en français – parfois même l’objet livre joue sur le sens de lecture.

Les Chaises, c’est le dernier paru d’une série de livres de poésie, petits formats à offrir autour de soi, à emporter partout. De ce besoin compulsif de l’acheter pour compléter la collection.

Les illustrations de Clothilde Staës sont empreintes de poésie. Combinaison de traits fins, de collages, d’encres qui viennent rehausser le tout. Des gravures à l’eau-forte dont la finesse donne l’impression d’avoir un mini trésor entre les mains mais aussi sur le creux de la langue.

Car les textes de Raphaële Frier sont tout aussi touchants. Sa poésie ressemble à des morceaux du quotidien piochés pas vraiment au hasard et sublimés. Des moments, des objets sur lesquels on ne prend pas le temps de s’arrêter. Et quand l’objet chaise – qu’on croise néanmoins toute la vie – paraît un sujet trop commun pour s’y intéresser vraiment, Raphaële Frier s’approprie les rimes, les vers, la ponctuation, joue avec eux d’un poème à l’autre afin de prouver le contraire. Elle pioche ces bouts de bois ou de plastique ou de fer dans différentes situations pour les donner à voir, les mettre au centre du champ de vision et dire toute la douceur, la symbolique d’un moment passé avec cette chaise à cet instant précis. Ou cette autre un peu plus tard. Trouver du sens et de la délicatesse dans ce qui peut avoir l’air banal. Voir le beau là où on ne s’y attend pas. Et faire de ces quelques portraits une métaphore de la vie.

On part en week-end

je te déplierai en forêt

au son des oiseaux

On prend des vacances

en face de la mer

nos six pieds dans l’eau

À lire à voix haute, à chuchoter, à partager ou à garder pour soi, comme un secret.

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