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Les bilingues

Mel parlait il y a quelque temps de poésie et – surtout – du port a jauni, maison d’édition marseillaise comme l’indique son nom (à ceux qui connaissent le Vieux Port les jours de pluie). Une maison indépendante qu’on affectionne particulièrement tant sa production est soignée, sélectionnée aux petits oignons et intelligente. Des livres de poésie et des albums jeunesse dont le texte a la singularité d’être présenté en arabe et en français – parfois même l’objet livre joue sur le sens de lecture.

Les Chaises, c’est le dernier paru d’une série de livres de poésie, petits formats à offrir autour de soi, à emporter partout. De ce besoin compulsif de l’acheter pour compléter la collection.

Les illustrations de Clothilde Staës sont empreintes de poésie. Combinaison de traits fins, de collages, d’encres qui viennent rehausser le tout. Des gravures à l’eau-forte dont la finesse donne l’impression d’avoir un mini trésor entre les mains mais aussi sur le creux de la langue.

Car les textes de Raphaële Frier sont tout aussi touchants. Sa poésie ressemble à des morceaux du quotidien piochés pas vraiment au hasard et sublimés. Des moments, des objets sur lesquels on ne prend pas le temps de s’arrêter. Et quand l’objet chaise – qu’on croise néanmoins toute la vie – paraît un sujet trop commun pour s’y intéresser vraiment, Raphaële Frier s’approprie les rimes, les vers, la ponctuation, joue avec eux d’un poème à l’autre afin de prouver le contraire. Elle pioche ces bouts de bois ou de plastique ou de fer dans différentes situations pour les donner à voir, les mettre au centre du champ de vision et dire toute la douceur, la symbolique d’un moment passé avec cette chaise à cet instant précis. Ou cette autre un peu plus tard. Trouver du sens et de la délicatesse dans ce qui peut avoir l’air banal. Voir le beau là où on ne s’y attend pas. Et faire de ces quelques portraits une métaphore de la vie.

On part en week-end

je te déplierai en forêt

au son des oiseaux

On prend des vacances

en face de la mer

nos six pieds dans l’eau

À lire à voix haute, à chuchoter, à partager ou à garder pour soi, comme un secret.

6 juillet 2018 0 commentaire
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Voilà le nouveau livre d’Oliver Jeffers, qui n’en finit plus de nous surprendre, nous émouvoir, nous faire rire. Alors oui, on le découvre avec quelques mois de retard mais tout de même, on anticipe la version française.

Well, hello.

Welcome to this planet. We call it Earth.

Tout beau qu’il est, l’album fonctionne comme un documentaire non-exhaustif, avec cette volonté de donner du sens à tout ce qui peut nous entourer – nommer les choses – sans prétention scientifique. Juste avec la sensibilité propre à l’auteur. Les notions sont expliquées, illustrées simplement. Avec tâtonnement même parfois et pas toujours à l’échelle. Néanmoins on explique à l’enfant ce qu’est le vent, ce qu’est la pluie, on nomme ensemble les planètes, on observe le jour et la nuit, le temps qui passe…

Le tout présenté, dessiné avec une bienveillance teintée d’humour. C’est un dodo qui se demande ce qu’il fait là, une planète naine, des yeux espiègles, des détails dans les illustrations, des questions auxquelles on a pas forcément la réponse et qu’on repousse à plus tard, un vocabulaire agrémenté de mots ou tournures amusantes.

À la fois une déclaration d’amour à la planète Terre, une invitation à en prendre soin, à se tourner vers le monde, vers les autres mais aussi une déclaration d’amour à l’enfant qui vient de naître. Un discours de bienvenue pour lui dire que le monde est immense et beau, comme on détaillerait son environnement proche à un nouveau-né. Des présentations à hauteur d’enfant – qui expliquent la candeur du discours – et intègrent le bébé au monde. Et aussi quelques injonctions, qui invitent à ne pas se laisser duper, à être patient, gentil avec les animaux et curieux. Curieux de découvrir le monde, les autres, avant de transmettre à son tour.

31 mars 2018 0 commentaire
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Je ne peux pas m’empêcher de vous parler de ce texte édité par Nobrow. Lost property et son format très court, entre roman graphique et bande-dessinée, m’a terriblement émue.

Les planches mettent en scène un facteur assez altruiste qui a toujours géré et fait parvenir les biens des autres à destination. Jusqu’au jour où, au beau milieu de son assiette de frites-poisson pané-petits pois, il reçoit un appel inattendu du bureau des objets perdus. Doucement, inconsciemment, on passe du dévouement de ce Gérald à une sorte d’introspection.

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Lorsqu’il se rend à l’office pour y récupérer son coupe-papier, chaque objet lui semble familier. Et pour cause, les tubas, télescopes et autres maquettes de bateaux lui ont appartenu un jour et l’obligent un peu brutalement à plonger en apnée dans ses souvenirs, à se prendre en pleine figure une cave entière de morceaux de passé. D’ailleurs l’employée elle-même se révèle être une ancienne camarade perdue de vue.

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Maintenant vous pouvez facilement imaginer l’impression d’absurdité qui nous submerge à la lecture – pour ma part, je deviens facilement aussi perdue que Gérald. Cela dit, malgré les bouleversements, après être passé de la stupéfaction au questionnement de son passé, de ses choix de vie, il réussit à apprivoiser à nouveau ces objets assez naturellement, à les coordonner pour créer un tout et l’ancrer dans le présent – le résultat est merveilleux vous verrez !

La chose que j’oublie de vous dire est qu’il s’agit d’un texte en anglais. Le niveau de langue y est très abordable et le format fait que l’on réussit à aller au bout, tout en saisissant la teneur.

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3 août 2015 0 commentaire
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Un petit billet pour vous faire partager notre découverte d’une nouvelle collection chez l’éditeur  Abc Melody, éditeur spécialiste de l’initiation aux langues étrangères, aux voyages et à la musique: une collection de romans illustrés junior en français et leur équivalent en bilingue français/anglais.
Pour démarrer nous découvrons La Reine et moi si on veut lire rien qu’en français ou alors Me, the Queen and Christopher-La Reine et moi en bilingue!

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L’auteur Giles Andreae raconte la fabuleuse histoire de Flora qui va se retrouver inviter à boire le thé par la Reine d’Angleterre! Si si véridique! Mais contre toute attente, côté coulisses, la Reine va se révéler bien différente des us et coutumes guindés et protocolaires qui font sa réputation et celle de Buckingham Palace! La Reine en mode décontracté? Vous allez voir c’est très étonnant!
En plus on retrouve les savoureuses illustrations de Tony Ross! Very English!

Un livre drôle et émouvant sur une rencontre a priori improbable!

La Reine et moi

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  Me, the Queen and Christopher-La Reine et moi

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25 mars 2015 0 commentaire
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