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Le titre Nos vacances a quelque chose d’inclusif. Si bien que très vite – dès les premières pages – on comprend qu’on va y trouver (retrouver) ces moments communs, un peu universels propres à l’enfance. D’ailleurs, il a été primé cette année Pépite d’or au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.

C’est un livre qui parle à tous, même ceux qui ne savent pas encore lire. L’histoire est portée par les illustrations, le rythme qu’elles insufflent. Quand chaque page donne l’impression d’être face à un tableau et inspire plein de choses à raconter, la mise en page, elle, donne le rythme. Ce sont les illustrations en exergue qui s’intéressent aux détails ou annoncent la page suivante : les horloges très présentes donnent une idée du déroulé de la journée et situent l’histoire dans le temps, les repas et autres gestes quotidiens ponctuent cette grande aventure où l’ordinaire côtoie l’extraordinaire…

Tout commence par un grand-père qui appelle sa petite-fille alors qu’elle explorait les alentours. Voilà qu’elle se prépare pendant que l’heure tourne, que tous les deux vont chercher quelqu’un à la gare pendant que l’heure tourne toujours. Et le nouveau-venu, avec son attirail de cousin qui débarque pour la fin d’été, n’est autre qu’un éléphant. Finissent alors les vacances, entre tension, peut-être jalousie face à ce nouveau-venu qui vient perturber l’équilibre de l’enfant et l’exclusivité qu’elle entretenait avec son environnement, avec son grand-père.

Et voilà que l’absence de texte devient un moyen pour les enfants de se raconter l’histoire, de laisser le champ libre à toutes les interprétations possibles quant une lecture avec les parents (ou adultes) permettra d’échanger, faire des ponts entre l’enfance du livre, celle du jeune lecteur, celle de l’adulte. C’est l’enfance des souvenirs, des feux de joie, des grandes expéditions et petites blessures, des émotions en filigrane, des arbres auxquels on grimpe et des rampes auxquelles on glisse.

Le tout avec les illustrations un brin vintages de Blexbolex, qu’on dirait passées au coupe-fil tant la trame d’impression est visible. S’en dégage une impression de rêverie un peu nostalgique et toujours touchante.

17 décembre 2017 0 commentaire
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En voyant arriver le cinquième tome des Carnets de Cerise, je n’imaginais pas une seule seconde être aussi touchée par ce livre. Un album dans lequel on se plonge en devinant la sensibilité qui s’y cache et avec l’envie de retrouver l’atmosphère émerveillante, poétique des précédents tomes autant que la douceur et le côté rêveur des illustrations.

Sur le même principe que les précédents, les auteur(e)s alternent entre journal intime et narration externe. L’un laisse la place à l’autre toujours très naturellement, avec ce petit quelque chose d’entraînant dans la lecture. Par ailleurs, c’est aussi entre passé et présent que l’on navigue. Le journal de Cerise sert cette fois de « relais » entre mère et fille, là où la discussion pourrait être difficile.

Et nous de découvrir par ce biais l’enfance de l’héroïne mais surtout les épreuves traversées, le chemin à parcourir pour faire le deuil entre autres. Difficiles à encaisser pour Cerise et sa mère, les thématiques abordées le sont toujours avec douceur et infinie bienveillance. Une palette d’émotions à humidifier les yeux des plus endurcis. Et comme la narratrice qui s’affirme petit à petit, le lecteur/la lectrice sort grandi de cette série. Un peu comme on quitterait un coin de plaid bien chaud – cocon protecteur – pour aller mettre le nez dehors.

On referme le livre sur une Cerise en paix avec elle-même et ça fait du bien une série qui se termine sur cette impression d’accomplissement. Une histoire moderne à mettre sous les sapins et lire compulsivement.

 

11 décembre 2017 1 commentaire
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Entre récit initiatique et conte merveilleux, Balthazar au pays blême nous fait redécouvrir la plume aventurière de François Corteggiani et le dessin tout en rondeurs de Mathilde Domecq, qui réussit à capter ce quelque chose de l’enfance.

Ambiances sombres, glaciales, yeux anormalement brillants et créatures fantastiques peuplent cette histoire inspirée du folklore russe, qu’on ne connaît souvent que de loin. Quand Raspoutine et la Baba-Yaga s’affrontent aux confins de la Sibérie, on se laisse happer par l’aventure comme Balthazar glisse un univers merveilleux.

Car la particularité de Balthazar c’est d’être le fils caché d’un Raspoutine bien décidé à effectuer le « rituel » le jour de ses dix ans et se réincarner – pouvoirs maléfiques inclus – dans cette nouvelle peau. Ça donne une course-poursuite haletante, une garde sombre et des animaux « espions » auxquels – sans magie – Balthazar a bien peu de chances d’échapper. Mais c’est aussi une quête initiatique pour le héros, un voyage rocambolesque au suspens bien ficelé et parsemé d’adjuvants comme ces artistes, du plus petit cirque de Russie, qui font appel au merveilleux, à l’enfance, au conte.

Pour traverser la rivière de feu, la profonde forêt, la clairière embrumée et le marais coassant avec ce jeune homme un peu hors du commun et partir à la recherche de ses origines.

19 septembre 2017 0 commentaire
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Où l’on retrouve avec plaisir Jonathan Garnier et Amélie Fléchais, dont on avait adoré le travail dans Chemin perdu et Momo. Deux univers qui se retrouvent et se complètent avec tendresse, poésie pour une bande-dessinée merveilleuse portant sur la détermination et peuplée de créatures légères, de cheveux portés par le vent, d’animaux tout doux et aussi de magie.

Molly, du haut de ses dix ans, a tout juste l’âge d’intégrer l’ordre, celui des Bergères Guerrières – femmes courageuses, pleines de cicatrices, parfois douces parfois impitoyables, mais toujours autonomes – créé dix ans auparavant lorsque les hommes du village sont partis pour la Grande Guerre. Et n’en sont jamais revenus. Quand l’ordre et la sécurité au village reposent sur une force féminine, déjouant avec allégresse les codes masculins de héros batailleurs bien souvent au centre des livres.

Bien sûr, face à cet ordre exclusivement féminin, au droit d’entrée plus que restrictif donc, il y a un jeune  garçon qui essaye de s’immiscer. Je n’en dirai pas plus mais le tout est blindé d’optimisme et d’évolutions.

L’histoire commence avec la cérémonie de la relève donc, celle où Molly et ses amies participent pour la première fois et se parent – symboliquement – de leur cape verte. Point de départ à l’entraînement intensif et aux missions qui leur seront confiées, voyages aux quatre coins du pays, combats et suspens distillés en dose habile pour agripper le lecteur.

Une nouvelle série magique, à l’ambiance médiévalo-viking – quête initiatique qui nous laisse fébrile d’impatience en attendant le tome 2.

 

21 juillet 2017 0 commentaire
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Imagine un monde où l’argent aurait été remplacé par des plumes. De belles plumes blanches qui ne pèsent rien et que tout le monde peut avoir dans les poches. Léger, volatile et doux. Des plumes à échanger contre un repas, un livre… Mais surtout des plumes à partager et qu’il devient ridicule d’accumuler chez soi dans un coffre.

Cette nouvelle monnaie c’est l’utopie de deux copains – Monsieur Jabot et Capitaine Fripouille. Jusqu’au jour où l’un d’eux se met – d’avidité – à remplir des oreillers avec et à les vendre contre de l’argent. Et voilà que quelques années plus tard, la ville est dirigée par ce Monsieur Jabot tyrannique, puissant, très riche et un peu frustré : tous les commerces de la ville lui appartiennent sauf une petite librairie familiale qui résiste tant bien que mal. Ça l’embête pas mal ce banquier de contrôler la ville, les gens, leurs achats mais pas leurs lectures… Alors, infâme personnage sans scrupules qu’il est, il pose un ultimatum à Fabiola la libraire.

C’est sans compter sur capitaine Fripouille qui débarque dès les premières pages – arrivée fracassante – pour défendre la librairie qu’il a construite de ses mains, montée de sa persévérance. Et sans vous en dévoiler trop, voilà que l’on découvre ce qui se cache dans le grenier secret de la librairie et que commence un combat épique entre le magasin et la banque.

Un bande-dessinée de cape et d’épée drôle, engagée et surtout pleine d’action. Dedans on y trouve pêle-mêle de l’émotion, des robots qui font penser à celui du Roi et l’oiseau, des gens intelligents mais pas trop, des marionnettes lobotomisées, de la bagarre, des courses-poursuites, la famille…

Un album qui nous conforte dans l’idée qu’on avait de la collection les enfants gâtés : des livres soignés, jolis qui parfois  titillent l’imaginaire – envies de voyage en creux – parfois invitent à réfléchir. À suivre donc.

7 juin 2017 1 commentaire
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Avec son nom démocratiquement irrévérencieux, le général Poutche est ce qu’on appelle – plus communément – un tyran ou un dictateur. Un minuscule bonhomme aboyeur, névrosé et capricieux qui a décidé de devenir président pour toujours afin d’imposer ses ordres, ses limites. Parce que ce qu’il aime George Poutche, ce sont les choses bien rangées, les lignes, les uniformes. Les médailles aussi.

Aussi quand débarque en ville un cirque et son lot de saltimbanques, de maisons qui roulent, de gens habillés rigolos qui bougent tout le temps et qu’on ne peut pas contrôler, ça le froisse un peu, le général. Mais suivant les suggestions du ministre du divertissement (qui n’a pas l’air de servir à grand chose en dépit du nombre de médailles qui parsèment son torse), il décide de les laisser s’installer (un peu) et convoque leur chef. Bien sûr ils n’ont pas de chef. De pire en pire…

Toujours est-il que le général – après d’innombrables mises en garde et menace d’emprisonnement dans un château bien sordide à quiconque dépasserait les limites – finit par accepter une représentation. Une représentation qui risque de mettre à mal voire défier son autorité.

Comme toujours, les textes de Wilfrid Lupano oscillent entre humour et réflexion, tout en étant pertinents et bien sentis (avec un tas de clins d’œil aux parents) quand les illustrations de Stéphane Fert jouent sur les contrastes, les couleurs chaudes, vivantes, dansantes du cirque face à la morosité, à la rigidité et au souffle glacial qu’inspire ce régime bien strict.

Un album un peu contestataire pour parler de l’autoritarisme, de la censure et pour apprendre à ne pas se taire.

29 mai 2017 0 commentaire
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Quel beau duo !

Comment ne pas tomber sous le charme du travail de Bertrand ? Souvenez-vous, il a illustré en bd adulte un « conte cruel », comme j’aime le présenter, en plusieurs volumes (les livres sont soignés, si beaux) : « Les Ogres Dieux » chez Métamorphose (j’ai tellement aimé « Petit »…).  En jeunesse (qu’on peut bien évidemment lire aussi en tant qu’adulte ^^) il y a la superbe bande dessinée : « Pistouvi » chez Dargaud. Quant à Loïc, on le connait essentiellement comme la plume du poétique travail d’Anne Montel avec notamment « Le temps des Mitaines » (Didier jeunesse) ou bien encore « Shä & Salomé. Jours de pluie » (Gawsewitch).

Leur bande dessinée « Le voleur de souhaits » parue chez Delcourt est passée ici entre toutes les mains, sous nos yeux. Je peux vous dire que le plus conquis fut sans aucun doute Josef, notre pré-ado de presque 12 ans (il a d’ailleurs j’en suis sûre, bloqué sur une vignette ^^). La bd s’adresse aux enfants dès 9 ans.

L’histoire d’un jeune garçon, solitaire, qui ne collectionne non pas les timbres ou autres pin’s (hihi vous vous souvenez ? ^^) mais les souhaits. Oui ! vous avez bien entendu : les souhaits. A chaque éternuement, tel Zick dans Monster Allergy pour capturer les montres, Félix sort son bocal pour emprisonner les souhaits qu’il s’approprie ensuite. « Pour quoi faire ? » pensez-vous. Non ! Pas comme Sacha… Juste pour les poser là, sur son étagère et les contempler.

Un jeu d’enfants pour lui de capturer ses trophées jusqu’à sa rencontre avec Calliope. Une jeune et jolie brunette qu’il décide de suivre jusqu’à éternuement… Le problème c’est qu’il n’arrive pas à retaper ses souhaits. En a-t-elle d’ailleurs tiens ?

Et Félix, a-t-il un souhait à lui ?…
Une bande dessinée sur l’amitié, le désir et le réveil… de l’amooour.

Une très chouette bd ! Seul hic: « Mazette ! que sa lecture fut couuurte ! » (snif). Nous aurions tous tellement aimé passer plus de temps aux côtés de ces personnages si attachants.


P.s : Ici aussi nous remplissons nos bocaux et bientôt les vôtres ^^ … L’épicerie vrac prend forme 🙂 « Quand ? Quand ? Quand ? » Nous l’annoncerons officiellement lors de la soirée « Apéruque » . Venez !
15 mai 2017 0 commentaire
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Sacha est méga cool ! Et va l’être encore plus aux yeux de ses copains quand ils verront que, pour ses 10 ans, il recevra comme cadeau de la part de sa maman (hyper excentrique ^^) : un rat ! The mégaaa claaasse. En plus pour ses recherches scientifiques ça va être trop bien ! Sauf que… pour son anniversaire… béh en fait, sa mère lui offre un chihuahua. Bloup.

« Pour de vrai » il est trop mignon ^^ Il l’appellera Tomcrouz, en référence à l’idole de sa maman. Bien qu’il soit un chien, il n’est pas très obéissant (ce qui le rend d’autant plus attachant ^^). Il met ses pattes et son nez partout, renverse tout sur son passage ! D’ailleurs, un matin béh… il se retrouve couvert d’une gelée incandescente… Une gelée magique (tadaaam). En effet, dès qu’il éternue, Sacha et lui se retrouvent coincés dans une époque lointaine… « En avant l’aventure !!! »

Immergée dès les premières pages, j’ai flirté à nouveau avec mes 10 ans 🙂 Alors autant vous dire que j’ai A-DO-Ré cette bande dessinée. Tendre, drôle, instructive (on apprend même des choses dedans, j’vous jure) la collection Métamorphose a encore frappé.

Vivement les prochaines aventures, j’ai hâte de repartir aux côtés de Sacha et Tomcrouz 🙂

22 avril 2017 0 commentaire
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