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Après Mauvaises filles et Mauvais garçons, La Manufacture de livres nous gâte avec un nouveau livre de très belle facture sur l’histoire du tatouage.

Venu tout droit de Tahiti, l’art du tattoo gagne bien vite les côtes américaines et, surtout, les marins, qui commencent par y voir un moyen d’encrer des souvenirs de voyage. Avec la Guerre de Sécession, les boys de la Navy s’y mettent et les motifs évoluent : les vahinés laissent place à des symboles patriotiques ou à des portes-bonheur.

Marins tatoués, c’est des photos qui immortalisent les débuts de cette pratique aujourd’hui si populaire. Photographiés entre 1890 et 1940, c’est des bonhommes sympathiques et bien fiers de leur corps-œuvre d’art que Jérôme Pierrat et Eric Guillon nous présentent. Ils recensent aussi les principaux motifs et leurs significations.

Alors bien sûr, par la même occasion, on apprend plein de choses sur la vie des marins au début du siècle dernier mais franchement, en plus de ce côté quasi historique, il faut avouer que c’est franchement impressionnant et que les photos sont sublimes. Vous découvrirez aussi l’histoire de la première femme tatoueuse, celle des tatoués dans les cirques de freaks… Bref, de quoi régaler les fans de cet art plus si jeune maintenant !

Puis disons aussi que la Manufacture nous a offert des tirages fous de quelques unes des photos (ceux que vous voyez encadrés sur la première photo) – alors trop merci, on adore ! 😀

20 juillet 2018 0 commentaire
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Ça faisait un moment qu’on ne vous avait pas parlé d’un livre de photos par ici. Alors le voilà, le dernier coup de cœur en date, celui que quand on l’a reçu avec Claire on l’a ouvert, feuilleté puis dit « ah oui ». Ah oui, quand même, c’est beau, il se passe quelque chose.

Moi qui suis à l’origine plutôt une fille des mots , j’ai lu la quatrième de couverture, avec un extrait du texte de Taïa qui disait :

L’amour qu’on a pas reçu, il faut l’inventer et à l’autre l’offrir. Et même discret, pudique, il y en a beaucoup, de l’amour, dans ce livre. Dans chaque image. Des mains tendres. Des cœurs en révolte. Des questionnements et des mystères. Des rapprochements et des yeux qui se baissent pour se relever juste après. Des petites cigarettes qu’on grille seul ou bien à deux. […]

Ça m’a fait vaciller alors j’ai jeté un œil à l’intérieur et les photos m’ont fait le même effet. Avec ces enfants au visage parfois fermé, parfois souriant, mais toujours empreint d’un air décidé, comme s’ils voulaient nous dire quelque chose à travers le regard, quelque chose comme « je suis là, j’existe, et je suis l’avenir ». C’est aussi ce que dit Taïa dans le texte de quelques pages qui vient « illustrer » les photographies en fin d’ouvrage. Ils sont déstabilisants, ces jeunes, avec leurs airs de caïds de cinq ans, skate sous le bras, ou avec leurs robes du dimanche, posant devant un mur où se côtoient fissures et graffitis.

Et l’histoire de la rencontre : celle de Dailleux avec les jeunes de Persan, au hasard du train Corail, de retour de chez la tante Juliette. Rencontre qui abouti naturellement à une visite dominicale, un rituel, un passage obligé, presque un besoin. On a l’impression d’être en face d’eux : pouvoir tendre le bras pour toucher leurs visages, effleurer leur joue, puis leur dire que ça ira (mentir ?).

La cité des années 80 immortalisée en noir et blanc, sur des photographies dont personne n’a voulu à l’époque (ni journaux, ni galeries), s’étend majestueuse sur ce bel ouvrage édité par Le bec en l’air, et Abdellah Taïa met formidablement en lumière sa complexité, ses doutes et ses espoirs.

6 mai 2018 0 commentaire
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c’était des corps humains je pense ce n’était pas amour

ça ne parlait pas ce n’était pas amour je pense mais fort

si fort ce n’étaient pas des mots des sons plutôt

c’étaient ils ah ensemble c’étaient os muscles

c’étaient pieds chair sternum cage thoracique

C’est sur un plateau d’encre et de papier que Nancy Huston nous fait offrande de ces quelques Erosongs. Vers, chants, « textes courts à lire en musique », ce sont de petits morceaux de vie, comme une ode à l’amour, mais aussi et surtout au corps, à ce qu’il peut nous offrir.
L’amour, l’acte sexuel est mis en scène comme un ballet, jamais nommé, jamais décrit directement, mais plutôt évoqué, survolé, sous-entendu. Les sons des mots, les allitérations et assonances, les jeux de mots et les images choisies soulignent justement la place du jeu dans les rapports humains et érotiques.

Dans la lignée de leur ligne éditoriale, les très chouettes éditions du Chemin de fer proposent toujours une collaboration entre auteur et artiste contemporain. Cela peut être des peintres, des plasticiens… Guy Oberson, pour son troisième livre avec Nancy Huston (après La fille poilue et Poser nue) a choisi de travailler la photographie. Il illustre avec brio et subtilité l’univers charnel des poèmes : tantôt les images sont évocatrices l’on voit corps, draps froissés ; tantôt Oberson choisit de montrer la nature ; parfois enfin l’objet photographié n’est pas identifiable. Le fil rouge de ces photos, c’est le mouvement. L’artiste travaille le flou, la vitesse, le geste, voire le souffle.

C’est donc un duo qui marche : on se délecte de ces Erosongs, qui mettent, avec beaucoup de justesse, des mots et des images sur des sensations.

il me semble qu’il suffit de dire

très lentement  très très doucement

et délicatement mont fuji mont fuji

ah là là mont fuji dans la brume et

tout le monde devrait comprendre non ?

toutes les femmes en tout cas

2 avril 2018 0 commentaire
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Il y a quelques jours, je vous présentais la revue PermaGaïa qui nous parlait (entre autres) de permaculture, de jardin, et d’autonomie alimentaire. Si vous êtes bons élèves, vous avez maintenant un joli petit potager. Mais que faire des légumes qui y ont poussé ???

Vous le savez, il y a un livre pour tout. Eh bien voilà LE livre pour apprivoiser les légumes et surtout les aimer !

Super Légumes, ce sont des recettes proposées par Vincent Amiel et photographiées par Claire Payen (parce qu’un bon livre de cuisine c’est avant tout un livre qui fait saliver).
Cependant, ce livre de cuisine n’est pas (que) celui que vous croyez. Entre les recettes, vous trouverez aussi des fiches d’identité pour certaines familles de légumes, pour savoir quand les acheter, comment les choisir et comment les préparer. Les recettes sont quant à elles réparties en cinq grandes catégories : salades et crudités, soupes, sandwiches et fritures apéro, plats, glaces desserts et boissons (oui oui, avec des légumes !).  À la fin, un calendrier vous indique lesquels consommer selon les saisons et les mois de l’année.

Pour la majorité de ces recettes, vous aurez simplement besoin de légumes, d’huile d’olive et d’épices. Et surtout, c’est loin d’être difficile : pas besoin d’être un chef cuistot pour se régaler.

L’ouvrage a en plus une jolie histoire : notre duo a rencontré Myriam, qui tient une micro-ferme biologique dans le Calvados. C’est, pour Vincent Amiel, le modèle d’agriculture de demain. Une agriculture qui aime le légume et « innovante par sa simplicité ». Claire Payen ponctue d’ailleurs les recettes par des photos de cette ferme et des cultures, presque comme dans un reportage.
Bref, de quoi se rappeler la multitude de saveurs et de couleurs que nous offre la terre, de quoi remplir son assiette puis son estomac, de quoi donner envie de se mettre à la cuisine !

29 mars 2018 0 commentaire
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Un beau petit livre des belles éditions Libertalia, à côté duquel je vous avoue être passé lors de sa sortie. Il faut dire que les fins d’années en librairie sont plus que particulièrement chargées (même si on aimerait que ça soit un peu plus le cas le long l’année, au regard de ce centre-ville désertique que nous traversons quotidiennement en ce moment), mais qu’importe il est toujours temps de se rattraper. C’est la lecture de cet article de Lundi Matin qui m’a rappelé à mon devoir de transmission, et mon envie de vous inviter à vous saisir prestement de ce livre important .

Les refuzniks. Rien que le nom est porteur d’un doux parfum de révolution.
47 portraits de réfractaires. 47 objecteurs de conscience pacifistes qui ont refusé de servir la Tsahal, l’armée de défense d’Israël (la seule armée au monde à s’être affublée d’un nom), et qui par leur geste se sont vus mettre au rebus, à la marge de la société. Un geste qui les condamne souvent à la prison, pour des peines parfois très lourdes, qui les pousse à devoir justifier (parfois vainement) que même s’ils peuvent comprendre le besoin de défense de leur pays, il leur est impensable d’apprendre à tuer leur prochain…
La préface d’Eyal Sivan nous expose le cadre sociétal et religieux dans lequel s’inscrit ce mouvement des refuzniks, et nous interroge sur la place qu’occupe l’armée dans nos sociétés, nous pousse à nous questionner sur le regard que nous portons sur ces courageuses personnes de l’autre côté de la Méditerranée.

Alors qu’en France la question de la remise en place d’un service militaire brule les lèvres des extrémistes de droite (qui a pourtant été suspendu il y a plus de 20 ans) Israël oblige les hommes et les femmes majeur.e.s à exécuter un service militaire de respectivement 3 et 2 ans. S’il peut sembler inimaginable pour certains d’entre nous de servir notre pays en portant un arme, le geste fait partie fondamentalement de la société d’Israël. Le numéro personnel ou « Mispar Ishi » obtenu à l’issu de ce service est même d’une importance supérieure à celui d’une carte d’identité…

La démarche de Martin Barzilai qui a été de dresser des portraits en 2009 de ces refuzniks, fut ensuite de revenir les voir pour leur demander si leur point de vue est aujourd’hui le même, et de s’interroger sur ce qu’est devenu pour eux Israël aujourd’hui.
Force est de constater qu’en quelques années, même si la société israélienne a beaucoup changé, les méthodes demeurent, et les tensions ne se relâchent pas…

Reuzniks, Dire non à l’armée d’Israël – Martin Barzilai
Préface d’Eyal Sivan
Coédité avec Amnesty International.
Paru le 2 novembre 2017

12 janvier 2018 0 commentaire
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6 mois (Jean vous en a déjà parlé ), est un magazine de reportage photographique, qui « renoue le lien entre le journalisme et la photo ».

Les articles qui y sont édités éclairent le monde, et sa situation trop souvent alarmante. Publiés deux fois par an, leurs numéros contiennent des reportages inédits qui peuvent porter sur toutes les régions du monde, et qui sont toujours engagés.

C’est cet engagement, couplé à un travail visuel de qualité, qui fait leur identité.

Le numéro 14 (automne 2017 – hiver 2018) propose un regard nouveau sur le Japon contemporain, au travers notamment d’une vaste enquête sur les femmes des yakuzas.

Nous aurons le plaisir de recevoir, vendredi 10 novembre, à partir de 18h30, Léna Mauger, journaliste et rédactrice pour 6 mois, et Stéphane Rémaël, photographe et photo-reporter, pour un échange autour de ce numéro.

Ensemble, ils sont aussi les auteurs du livre Les Évaporés du Japon (Les Arènes, 2014), une enquête sur les disparitions volontaires, très fréquentes dans ce pays.

Nous vous attendons donc la semaine prochaine pour une rencontre qui sera accompagnée d’un apéro citoyen : chacun peut venir avec quelque chose à boire ou à manger.

A vendredi !

3 novembre 2017 0 commentaire
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« Chaos » ; « Terre » ; « Éden » ; « Créatures ».
C’est ainsi qu’Olivier Grunewald, photographe spécialisé dans la nature sauvage, et Bernadette Gilbertas, formée à la géographie et à la géomorphologie mais surtout engagée pour la protection de l’environnement, ont choisi de découper leur ouvrage.

L’idée derrière Origines est de remonter le temps, jusqu’à plusieurs milliards d’années en arrière, et de retracer l’histoire de notre planète, de sa création (« Chaos ») au développement de la faune qu’elle abrite (« Créatures »).

Les photos présentées sont saisissantes. Glanées pendant trente années à parcourir le monde, elles le représentent dans ses atours les plus sauvages, sous des lumières incroyables, et donnent à voir une nature hostile comme foisonnante.
Chacune des photographies sont légendées d’indications géographiques mais également scientifiques, à la manière de petites informations à récolter au fur et à mesure de notre lecture. Chaque chapitre est également introduit par le récit de l’évolution de la Terre, par le biais d’une approche vulgarisée de la géologie et de la biologie.

Les auteurs ne se contentent pas ici de rappeler la diversité extraordinaire des paysages (les photographies choisies le font à merveille) mais délivrent, dès l’introduction, un message écologique :

« C’est pour ces scènes dignes de la Création, ces émotions d’une intensité inouïe, pour la beauté sauvage d’une nature à l’état brut, que depuis trente ans nous sillonnons la planète, en témoins des premiers matins du Monde. »
« La nécessité de protéger les milieux naturels, puis l’environnement, se développe enfin dans la conscience des sociétés industrielles. Elle suscite des dispositions légales, nourrit la politique. Pourtant, ni les outils réglementaires, ni les campagnes de sensibilisation n’ont pu enrayer la destruction des milieux naturels les plus riches (…). Nous voici aujourd’hui face à un bien triste paradoxe : jamais la nature n’a été si bien entendue et jamais elle n’a été aussi menacée. »

Vous a-t-on jamais dit que votre oreille a presque exactement la forme du continent africain ? Votre masse grise semblable à un roc possède jusqu’à la couleur et l’aspect de la Terre, notre mère. » – Romain Gary

Dernière particularité : le livre est rythmé de citations, de Michel Serres à Romain Gary, en passant par Charles Darwin et Aristote, qui nous rappellent autant la beauté de la nature que la beauté de la science.

Origines est un magnifique ouvrage, tant sur la forme que sur le fond, à lire ou à feuilleter.

27 octobre 2017 0 commentaire
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Couverture des livres : What the fuck!! ; Faits divers 2 ; En cuisine avec Kafka

L’arrivée de l’automne vous rend morose ?

Vous êtes au bon endroit !

À la Soupe de l’espace, on a aimé :

What the fuck!!

Pas de texte dans ce gros-petit livre, deuxième du nom, mais uniquement des photos, toutes plus improbables les unes que les autres. Il s’agit de clichés personnels récoltés sur internet, parfois pris dans la rue – en croisant un homme qui joue d’une flûte de pan faite à partir de carottes et poireaux, ou une poubelle décorée aux motifs de Louis Vuitton – ; d’autres fois ce sont des photos de famille un peu particulières…

Intérieur du livre What the fuck!! aux éditions Télémaque
Avec ses 400 pages, nous avons là une source d’amusement inépuisable…

En cuisine avec Kafka, Tom Gauld

Recueil de strips d’abord parus dans la presse, En cuisine avec Kafka tourne en dérision le livre et son univers, de la construction narrative des romans policiers aux postures de lectures à travers les âges. Rien n’échappe au regard acéré, amusé et tendre de Tom Gauld.
Mes préférés : les trames narratives inefficaces et les autocollants publicitaires pour romans.

Intérieur du livre En cuisine avec Kafka, Tom Gauld, 2024
À offrir à vos amis bibliophiles et/ou épris de pop culture !

Faits divers 2, Anouk Ricard

Anouk Ricard récidive.
Le principe ? Elle récolte dans la presse des titres d’articles relatant des faits divers. Quelques exemples ? « Un routier s’arrête pour uriner mais oublie le frein à main », ou « Pourquoi Brad et Angelina ont-ils manqué le mariage de Georges Clooney ? ».

Intérieur du livre Faits divers 2, Anouk Ricard, éditions Cornélius
À partir de là, la dessinatrice divague, amplifie, détourne, et pointe ainsi du doigt l’absurdité du monde et de l’humain, pour notre plus grand plaisir.

De quoi se marrer pendant les journées pluvieuses à venir…

21 octobre 2017 1 commentaire
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