Accueil Policiers, Thrillers & Romans noirs Une question de temps – Samuel W. Gailey

Une question de temps – Samuel W. Gailey

écrit par Jean 26 janvier 2018

Alice – la vingtaine – se réveille complètement hagarde un matin, dans une chambre crasseuse après une soirée plus qu’arrosée, un type inconnu et endormi à côté d’elle. Après avoir pris la décision de remettre le couvert pour oublier/digérer la cuite de la veille, elle se rend compte que le type en question n’est pas si inconnu, qu’il est plus que mort, et qu’à ses côtés se trouve un sac en toile rempli de drogue et de billets de banque. Pour expliquer un peu la situation, il faut comprendre qu’un épouvantable accident, survenu quelques années auparavant, a fait plonger la jeune dans une spirale de fuite, d’alcool et d’auto-destruction, et la maintient dans un état de délabrement assez avancé.
A son réveil donc, après avoir plus que partiellement étudié la situation, et non sans avoir rendu son repas liquide de la veille, elle décide de s’emparer du sac et de se barrer avec l’oseille.
Sauf qu’évidemment le propriétaire du sac qui ne l’entend pas cette oreille va se lancer à ses trousses, sur les routes d’une Amérique bien amochée elle aussi.

Samuel W. Gailey alterne la temporalité de la narration, entre un présent posé dans l’action et les rebondissements, et un retour sur les circonstances de la vie dévastée de cette jeune Alice, pour laquelle on se prend de beaucoup d’affection. L’auteur a bien compris une chose : pas besoin de 500 pages pour camper des personnages saisissants et installer une intrigue haletante. Au contraire, il se fend d’une histoire des plus cinématographiques, avec une écriture vive, percutante et hyper visuelle, de dialogues à la répartie bien ciselée, sans jamais se départir d’un humour des plus savoureux. On est immédiatement saisis d’empathie par cette jeune fille, en prise avec son histoire, ses « mauvais choix », le poids d’une culpabilité présumée insurmontable, et par tous les autres personnages, qui nous sont impeccablement dépeints, qu’ils soient principaux ou simplement croisés au détour de quelques pages.

Prenez cet excellent roman noir en main, ouvrez-le et plongez vous dedans. Vous n’aurez qu’une seule envie : atteindre la 328ème page, et vous dire le plus simplement du monde : « Wow, c’était trop bien ».

Parfaitement traduit de l’américain par Laura Derajinski, bravo à elle 🙂

4 commentaires
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4 commentaires

Samuel W. Gailey 27 janvier 2018 at 0:29

Merci beaucoup pour votre merveilleux commentaire. J’apprécie vos éloges et votre soutien. J’aime cette photo de mon livre. Puis-je utiliser cette image sur mes réseaux sociaux? Si oui, qui puis-je créditer pour la photo?

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Jean 27 janvier 2018 at 10:27

Bonjour Samuel ! Merci d’avoir pris le temps de nous écrire. Ravi que la chronique vous ait plu, et avec grand plaisir pour l’utilisation de la photo. Vous pouvez indiquer la librairie la Soupe de l’espace 🙂
Au plaisir de se rencontrer un jour !
Jean

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Samuel W. Gailey 28 janvier 2018 at 2:07

Fantastique. Merci beaucoup!
Je serai en France à la fin du mois de juin pour une tournée de livres et pour assister au Festival International du Roman Noir à Frontignan. Où vous situez-vous?

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Jean 29 janvier 2018 at 7:59

Dans le Sud-Est de la France, à quelques heures de Frontignan. Si nous n’arrivons pas à nous organiser pour nous voir avant ou après le festival, je ferai mon possible pour m’y rendre pendant.

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