La Soupe de l'Espace Suivez-nous sur Facebook !
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  • juillet262014

    liseur6h27

    Coup de foudre assuré et unanime sur ce merveilleux premier roman de Jean-Paul Didierlaurent, au sein de cette belle maison d’édition que nous aimons beaucoup, Au Diable Vauvert. Autant vous le dire tout de suite, ce bouquin, vous allez l’adorer. Une histoire géniale, simple et décomplexée (dans les bons sens du terme), servis par des personnages bienveillants et extraordinairement attachants, le tout servi par une écriture drôle, percutante et enlevée.

    Au moment où j’écris ces lignes, le livre caracole dans les meilleures ventes, et ce succès est tout à fait mérité. Ce n’est pas lié à un énième matraquage commercial, ça ne transpire pas l’érotisme racoleur d’un fifty shades of grey, c’est juste du au fait que c’est UN TRES BON LIVRE, qui sait allier ferveur populaire et bons sentiments (là encore, dans le bon sens du terme) :) ; un livre que l’on ne peut qu’aimer si l’on aime les livres.

    L’histoire de Guylain Vignolles, un gars qui aime profondément les livres et dont le boulot consiste à les pilonner. Je m’en voudrais de vous en dire davantage, et vous invite prestement à découvrir le fabuleux destin de Guylain. Un livre qui vous fera indubitablement le plus grand bien, et que vous ne serez pas prêts d’oublier :)

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  • mai162014

    Today, is the Citrus day !!!!!!!!!!

    Posté par dans la catégorie Adulte

    citrus

    Mais kècecé ? Le nom d'un ancien philosophe latin passé aux oubliettes ? Un guide pratique sur la culture des agrumes acidulés en milieu nordique ?
    Rien de tout ça. Citrus, c'est le p'tit dernier né de la formidable maison d'édition l'agrume.
    Ce n'est pas absolument pas un énième mouk (contraction de magazine et book) destiné à alimenter nos tables de nouveautés, mais un incroyable condensé de tout ce qu'on aime en la matière : du fonds, des articles riches et documentés ; une revue qui n'a jamais autant donné la part belle à l'illustration. 240 pages qui envoient du bois comme on dit par chez nous :)

    VENISE

    Alors si vous considérez comme moi le foot comme le sport le plus populaire et le plus détestable de la planète, si au contraire vous lui vouez un culte inconsidéré, ou si encore vous êtes totalement prophane en la matière, libérez-vous de tout préjugé et partez à la découverte de l'inconnu. Des dossiers palpitants, des histoires bien fendardes, et surtout une qualité graphique irréprochable.

    C'est en librairie dès aujourd'hui, ça ne coute que 17,50 euros, et le prochain numéro (Faits divers) paraitra à l'automne. Un grand bravo à Anne-Lise, Chloé, et à toute l'équipe de Citrus qui après un travail acharné nous offrent là une revue unique, comme eux seuls savent le faire :)

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  • mars262014

    bigoudi-couv

    Un superbissime album comme je les aime tant… un savant mélange de drolerie, de justesse, de sensibilité, et ce petit grand message distillé avec la plus grande des subtilités.
    Et puis il faut le dire : graphiquement, c’est magnifique :)

    J’aime pas trop faire ça, mais je vais recopier la 4ème de couverture, parce que si on veut résumer un peu l’histoire de ce bel album, tout est là :

    Bigoudi, cheveux blancs et lunettes de star, habite au 156ème étage dans une ville immense (toute analogie avec New-York serait bien évidemment fortuite). Elle mène une vie banale et trépidante avec son vieux chien Alphonse. Hélas, un matin, Alphonse pousse son dernier soupir. Bigoudi est infiniment triste. Mais la vie est pleine de surprises…

    bigoudi-int1

    Les illustrations de Sébastien Mourrain sont absolument superbes. C’est chouette de le voir dans un autre registre, plus contemporain, plus graphique. Elles composent parfaitement cette belle histoire écrite par Delphine Perret, qui une fois de plus nous offre une écriture à la fois synthétique et si riche de sens, pleine de petites choses sous entendues que l’on se plait à imaginer…

    Une fois encore, les fourmis rouges publient un livre fort, essentiel, mais qui a su garder l’essence même du livre pour enfant, son accessibilité. Je n’ai délibérément pas dit « simplicité », parce que ça serait réducteur du sens et de la forme portés à ce livre. Toute la force des publications de cette grande petite maison d’édition est là : réussir à faire un livre pour petits et grands enfants ; réussir à faire passer un message fort tout en s’amusant :)

    bigoudi-int2

    Encore un énorme coup de cœur de la librairie, un grand grand bravo à tous les 2 !!!

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  • février162014

    Une histoire de loup, chouette alors ! De grand méchant loup ?… A voir ^^

    loupUnJour
    L’histoire commence le jour où le loup souffle sur la maison de pailles d’un petit cochon… N’ayez crainte le cochon va bien, le loup partira avec de la paille sous le bras. L’histoire se poursuit avec un face à face express entre Pierre et le loup… N’ayez crainte Pierre n’a rien, il lui manque juste la tablette de chocolat de sa poche.

    chaperon
    S’en suivront bien d’autres rencontres avec ce loup plein de poils (j’ai pas dit « A poil » ^^) à faire trembler. Mais n’ayez crainte, le loup leur emprunte juste quelques ingrédients et autres ustensiles. Pour faire quoi ??? pensez-vous.

    maisNon
    Prenez un petit pot de beurre, du chocolat, du lait, des œufs, de la farine… Vous réaliserez ? un gâteau au chocolat bien sûr ! Hmmm la bonne odeur, alléchante…

    La chute surprendra les petits et ravira les grands gourmands de littérature jeunesse :) Cet album est une goûtue pépite (au chocolat ^^) digne des grands chefs.. Il revisite avec brio (les illustrations sont parfaites ! souvenez-vous elle a eu le prix du Premier album en 2009 à Montreuil et oui, c’est aussi elle cet album : je l’adore) les contes traditionnels remis ici au goût du jour. On ne peut pas s’empêcher de penser à une nouvelle recette de la fameuse « soupe au caillou » ;)

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    Gros coup de cœur de la soupe.

  • février152014

    Julio – Gilbert Hernandez

    Posté par dans la catégorie Adulte, BD

    julio-couv

    Voilà, elle est là. Probablement la Bd que j’aurais le plus attendu ces derniers mois. Un chef d’œuvre monumental, magistral. Je ne vous cache évidemment pas mon admiration indéfectible pour Gilbert Hernandez, qui a été publié récemment chez cette extraordinaire et indispensable maison qu’est Atrabile avec « La saison des billes« , en septembre 2013. Gilbert Hernandez signe là un récit de 100 pages, absolument époustouflant ; une prouesse visuelle et scénaristique, autour d’un personnage que nous allons voir naitre, vivre et mourir. Le portrait d’un homme et de toute sa famille, savamment orchestré et d’une puissance narrative comme on en fait peu.

    JulioInter05

    100 pages, pour 100 ans d’histoire. Une éblouissante traversée du siècle dernier par quelques uns de ses occupants. 100 ans de la vie d’une famille mexicaine traversée par les drames et les petits bonheurs de l’existence.

    Autant vous le dire tout de suite, les drames ont été légion dans la famille de Julio. Et même si le ton, la densité dramatique sont très loins de ce que l’on pouvait suivre dans la saison des billes, on y retrouve la même apparente insouciance, la même capacité à passer simplement de la tragédie au sourire, de l’horreur aux petits plaisirs de la vie.

    Ils sont très rares les auteurs à avoir cette capacité à saisir le réel dans sa plus grande âpreté. Sans amertume, sans gravité lourde, Gilbert Hernandez nous dévoile les failles et les forces de personnages on ne peut plus humains. Il nous faut remercier l’équipe d’Atrabile de nous avoir transmis une si belle œuvre, que tout amoureux de la BD et des grands récits se doit d’avoir et de chérir chez soi :)

    Traduit de l’anglais (US) par Daniel Pellegrino & Christophe Gouveia Roberto – Introduction de Brian Evenson

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  • janvier282014

    Le muret * Céline Fraipont & Pierre Bailly.

    Posté par dans la catégorie BD

    La saison des bandes dessinées. Envie d’en lire, d’en manger jusqu’à plus soif ^^Peut-être est-ce Angoulême et son festival qui approche et qui ne sera pas encore pour cette année, pour nous !? Ceci étant, à la soupe on voit débarquer de bien belles choses : des graphismes forts, tous si attractifs. Je crois même que si ces bd-là parlaient elles nous chanteraient…

    Pourquoi résister ? Personnellement, il y a quelques jours je me suis laissée séduire par : « Le muret ». Un duo étonnant, surprenant aux commandes : Céline Fraipont & Pierre Bailly. Le même célèbre duo d’une série de bandes dessinées incontournable en librairie. THE bd sans texte des enfants : « Petit Poilu » Vous ne connaissez pas ? courez à la rencontre de ce petit personnage attachant et faites découvrir ses aventures aux loustics de votre entourage (dès deux ans jusqu’à…) ils seront conquis !

    Avec « Le muret » c’est un tout autre style, une autre lecture, un autre public ! Tout est différent si ce n’est qu’on reste dans la bande dessinée.

    muret

    « La grosse claque ! » voilà mes mots une fois le livre refermé. Cette bd ado-adulte est absolument géniale ! Elle met en scène, avec simplicité, honnêteté ce sentiment qui pousse l’homme à changer : la solitude.. Ou l’histoire universelle de la violence de l’adolescence, de la richesse des rencontres, des murs infranchissables…

    Le muret_P4

    C’est l’histoire de Rosie, treize ans. Tout commence lorsque sa mère part pour Dubaï, avec un illustre inconnu. Son père, quant à lui est souvent absent, pris par son travail. Elle se retrouve donc seule, livrée à elle-même avec pour unique compagnie : Nath, son amie d’enfance qui va vite préférer l’amour à l’amitié.

    muretSolitude

    Grandir ou comment se retrouver au « pied du mur »

    « Le muret », imaginé (ou pas ?) par Céline Fraipont parle avec justesse et pertinence (sans tomber dans le pathos gnagnagna) de l’adolescence. Le dessin noir et blanc de Pierre Bailly est épuré, poignant, saisissant. L’essentiel est là ! « Le muret », ou ce mur symbolique séparant ces deux mondes : celui de adolescence et le monde adulte, qu’il est parfois bon de ne pas vouloir franchir trop vite..

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    GROS coup de cœur de la soupe !

  • janvier212014

    eddybellegueule

    On sort de ce livre comme après un long combat de boxe qu’on aurait remporté. Un peu titubant, hagard, le souffle court, mais debout. Non pas qu’Édouard Louis ait voulu nous violenter à travers ses propos, mais parce qu’il parait insensé d’avoir vécu ce qu’il a vécu, de découvrir un auteur de 21 ans nous raconter les épisodes les plus noirs de sa jeune vie…

    L’enfance n’est pas toujours aussi belle qu’on le croit, celle d’Eddy a même été extrêmement douloureuse. Avoir 10 ans, et découvrir son homosexualité dans une ruralité hostile et ignorante peut avoir des conséquences désastreuses ; on peut difficilement imaginer ce que ce jeune garçon de 10 ans a souffert.
    Il lui a fallu certainement des trésors de courage pour se construire ainsi et s’affranchir de cette douloureuse vie, encore davantage pour nous le livrer ainsi. Ce qui me bouleverse le plus, c’est à la fois cette bravoure pour raconter des faits aussi éprouvants (avec parfois une précision chirurgicale lors de l’évocation de certains détails), et ce détachement, cette apparente facilité à dresser un constat sociologique d’une frange de la population à laquelle il a appartenu.

    Il faut avoir le cœur bien accroché à la lecture, tant certains passages sont particulièrement remuants. Sans retenue, à vif mais avec une incroyable sensibilité, Édouard nous livre la courte vie d’Eddy, en nous montrant que de l’horreur peut naitre le magnifique.

    Un livre beau, brillant et salvateur, certainement pour lui, mais aussi pour beaucoup d’entre nous. Un livre qui interroge, qui questionne. Pas seulement pour évoquer la naissance de la sexualité ou bien les difficiles conditions de vie d’une famille dans un village paumé du Nord de la France, mais aussi sur le rapport à soi, à ce que l’on donne aux autres, à ce que l’on choisit d’exposer. Et si Édouard a voulu ainsi s’exprimer, ce n’est pas pour juger ou condamner, mais pour tenter d’expliquer, comprendre ce qu’il s’est passé, et même l’excuser. Il se montre d’une grande bienveillance, et nous montre toute la force, la lumière et la beauté de l’âme humaine. Un premier roman immensément fort et courageux.

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  • novembre272013

    tendresse_livre

    J’aurais pu intituler ce billet : de l’art de rendre le monde meilleur. Des semaines, presque des mois que j’ai promis cet article. C’est tellement délicat de parler de quelque chose qu’on aime autant. Pas par pudeur, de dévoiler des choses qui relèvent de l’intime, mais parce qu’on a peur d’en dire trop, pas assez, d’être à côté, de sortir des banalités alors qu’on essaie d’être complexe, et de ne pas se faire comprendre quand on veut rester simple.

    C’est un peu énormément le cas avec cet éblouissant album de Marion Fayolle. Souvenez-vous, nous avons eu l’immense plaisir de recevoir cet été Julien Magnani et Marion Fayolle, pour présenter la maison d’édition de Julien, et le travail de Marion. De superbes souvenirs, à la librairie, mais aussi avec ce chouette resto au bord de l’eau, la baignade du lendemain… Mais je m’égare :)

    La tendresse des pierres, c’est quelque chose de précieux, de profond. Marion a eu l’immense générosité de partager nous, avec celles et ceux qui voudront lire ce monument d’humanité, ce trésor d’amour. L’amour manqué d’un père et de sa fille.

    Si j’avais dû trouver un élément pour symboliser mon père, j’aurai choisi les pierres. Mais, attention pas les galets lisses et doux. Non plutôt, les rochers qui piquent les pieds si on leur marche dessus sans chaussures. Ceux qui sont recouverts d’aspérités. Ceux qui râpent, qui coupent, qui sont agressifs et froids. Mon père était un rocher sur lequel on aurait s’agripper sans se blesser. Sous lequel on aurait aimé s’abriter sans se sentir menacé.

    Parler de la maladie, mais pas que ça. Exprimer l’indicible, montrer la souffrance sans trop en extraire la tristesse. Parler des autres, de ce qui les éprouve et les construit. Marion a cette incroyable capacité  à exprimer les choses avec une apparente simplicité. Une décontraction et un sourire désarmant alors qu’elle aborde un sujet éminemment complexe et austère. Je disais il y a quelques jours à la femme de ma vie : « c’est fou comme les artistes ressemblent à leurs œuvres ». Pour Marion, c’est également le cas. Un joli brin de fille, un regard tendre et amusé sur la vie, qui cache une réflexion incroyablement juste et bienveillante sur le monde dans lequel elle vit. Ces illustrations, d’une apparente simplicité, sont à la fois accessibles, et tellement riches de sens. Je ne parviens toujours pas à me figurer comment une artiste aussi jeune peut porter un regard aussi aiguisé sur le monde et les gens qui l’entourent. Comment il est possible d’être à la fois si brillante et de rester aussi positive. D’avoir vécu ce qu’elle a vécu et de le partager aussi fidèlement, aussi simplement.
    Marion, ou L’art dans ce qu’il a de plus extraordinairement exultant.

    La tendresse des pierres est donc une œuvre magnifique, dans sa forme, son format généreux, dans les propos et la démarche qu’il contient. Dans l’amour qu’il dégage, et la volonté de tracer les lignes d’une souffrance invisible. De la rendre visible aux yeux de tous, pour que nous la fassions nôtre, et que nous y voyions ce qu’elle a de beau, de bon.

    Je trouve ça très rassurant, de voir et de rencontrer des gens aussi brillants, aussi riches d’idées et de sentiments ; ça me rassure, et me donne l’envie de continuer à apporter ma pierre à ce grand édifice qu’est la littérature (au sens large du terme). D’œuvrer à transmettre des choses aussi belles que ce livre. Un livre que l’on offre, à soi, et à ceux qu’on aime.

    La rencontre a donc eu lieu à la librairie, mais elle a bien eu lieu auparavant, entre un éditeur brillant et humain et une artiste du cœur et aux doigts d’or. On ne les remerciera jamais assez d’avoir accomplit ensemble une tel prodige…

    commandeshop

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