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Persan-Beaumont * Denis Dailleux & Abdellah Taïa

écrit par Laura 6 mai 2018

Ça faisait un moment qu’on ne vous avait pas parlé d’un livre de photos par ici. Alors le voilà, le dernier coup de cœur en date, celui que quand on l’a reçu avec Claire on l’a ouvert, feuilleté puis dit « ah oui ». Ah oui, quand même, c’est beau, il se passe quelque chose.

Moi qui suis à l’origine plutôt une fille des mots , j’ai lu la quatrième de couverture, avec un extrait du texte de Taïa qui disait :

L’amour qu’on a pas reçu, il faut l’inventer et à l’autre l’offrir. Et même discret, pudique, il y en a beaucoup, de l’amour, dans ce livre. Dans chaque image. Des mains tendres. Des cœurs en révolte. Des questionnements et des mystères. Des rapprochements et des yeux qui se baissent pour se relever juste après. Des petites cigarettes qu’on grille seul ou bien à deux. […]

Ça m’a fait vaciller alors j’ai jeté un œil à l’intérieur et les photos m’ont fait le même effet. Avec ces enfants au visage parfois fermé, parfois souriant, mais toujours empreint d’un air décidé, comme s’ils voulaient nous dire quelque chose à travers le regard, quelque chose comme « je suis là, j’existe, et je suis l’avenir ». C’est aussi ce que dit Taïa dans le texte de quelques pages qui vient « illustrer » les photographies en fin d’ouvrage. Ils sont déstabilisants, ces jeunes, avec leurs airs de caïds de cinq ans, skate sous le bras, ou avec leurs robes du dimanche, posant devant un mur où se côtoient fissures et graffitis.

Et l’histoire de la rencontre : celle de Dailleux avec les jeunes de Persan, au hasard du train Corail, de retour de chez la tante Juliette. Rencontre qui abouti naturellement à une visite dominicale, un rituel, un passage obligé, presque un besoin. On a l’impression d’être en face d’eux : pouvoir tendre le bras pour toucher leurs visages, effleurer leur joue, puis leur dire que ça ira (mentir ?).

La cité des années 80 immortalisée en noir et blanc, sur des photographies dont personne n’a voulu à l’époque (ni journaux, ni galeries), s’étend majestueuse sur ce bel ouvrage édité par Le bec en l’air, et Abdellah Taïa met formidablement en lumière sa complexité, ses doutes et ses espoirs.

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