
J’aurais du écrire cette chronique il y a pas mal de temps, mais je suis toujours intimidé à l’idée de parler ou de résumer quelque chose qui me plait autant. Il y a des romans pour lesquels j’arrive assez facilement à communiquer la passion qui m’anime, et d’autres pour lesquels c’est plus délicat. Les romans de Jean-Claude Mourlevat en font partie. Peut-être parce qu’ils me touchent profondément, parce ce qu’au-delà d’une intrigue, de personnages, de chapitres, ou de tout autre élément constitutif d’un roman, je trouve son écriture bouleversante…
Dans un contexte historique et géographique difficiles à situer, mais que l’on pourrait comparer à l’Islande, le vieux roi Holund est mort. Aleks et Brisco sont deux frères jumeaux qui vivent à Petite Terre, et qui grandissent paisiblement dans ce petit royaume. Loin de là, le neveu du roi, Guerolf, complote déjà pour prendre le pouvoir. Un jour où les deux enfants se rendent à la bibliothèque royale, Brisco se fait brutalement enlever. De nombreuses années vont s’écouler, et les 2 frères vont grandir séparément. Leur destinée rejoindra celle de Guerolf, au cours d’une guerre fratricide et implacable…
Difficile à résumer, car je ne voudrais pas trop vous en dire, mais sachez juste que c’est absolument sublime. Jean-Claude Mourlevat m’émerveille devant tant de bonté d’âme, tant de générosité à notre égard, tant d’humanité. C’est incroyable de vérité, de justesse, et pourtant ça ne manque jamais de rythme ni de densité. L’émotion est toujours là, bien présente, elle vient nous réchauffer dans ces immenses contrées glacées. Je crois que ce qu’il me plait par dessus tout chez lui, c’est cette capacité à se renouveller, pour nous délivrer des histoires d’hommes et de femmes dont l’humanité nous pousse à nous poser de vraies questions, sur notre condition et notre existence.
Alors si comme moi, vous aimez le chagrin du roi mort, et la merveilleuse écriture de ce grand monsieur (qui a toujours su garder son âme d’enfant, parce qu’il les comprend tellement bien), n’hésitez pas à vous rendre sur son site, et lui écrire tout le bien que vous pensez de son travail. Un grand merci à vous monsieur Mourlevat de nous offrir de tels moments…
P.S. : Madeline, j’ai hâte de lire ton avis
Le chagrin du roi mort – Jean-Claude Mourlevat (couverture de Joëlle Jolivet)
Gallimard Jeunesse – 16 Euros – Mai 2009











