
Dur dur d’en parler… J’me lance tout de même, le sujet est rare, il est donc essentiel pour moi de vous en parler, même si je sais que ma chronique risque de ne pas faire l’effet que l’album a eu sur mes émotions…
Alors voilà, je vais essayer d’en parler simplement, parce qu’il n’y a effectivement que de cette manière que les problématiques les plus difficiles (pour ne pas dire tabou) sont au mieux abordées avec les enfants (alors pourquoi pas avec chaque lecteur ?)
La première page nous plonge directement au coeur du sujet…

"Maman est morte ce matin.
Ce n’était pas vraiment ce matin,
papa a dit que c’était pendant la nuit
mais moi , je dormais pendant la nuit,
alors ça ne change rien.
Pour moi, elle est morte ce matin".

Ce petit bonhomme haut comme trois pommes vit donc à présent seul avec son papa, ils vont devoir apprendre à vivre sans elle.
Colère, injustice, tristesse,… tous les états y passent ! Et c’est normal me diriez-vous…
Puisque c’est comme ça, bon débarras, j’ai crié à papa.
Ce petit garçon va même jusqu’à se cacher derrière le fait que son papa, lui, ne sait pas faire les tartines avec le zigzag de miel comme sa maman. Qu’elle est partie égoïstement et que son papa n’arrivera jamais à s’en sortir… le pauvre !
Un des plus beaux et difficiles moments de cet album fut pour moi lorsque le petit garçon ne veut pas ouvrir les fenêtres…. Pourquoi ? Parce qu’il a peur que l’odeur de sa maman s’envole (comme elle) et parte à jamais.
"Non ! N’ouvre pas, maman va s’en aller pour de bon…"
Et puis je tombe et les larmes coulent, coulent sans s’arrêter, je ne peux rien y faire et je me sens très fatigué.
Mais grâce à sa Grand-mère, qui va lui expliquer "la mort" de la plus douce et pure manière qu’il soit (alors là, j’vous dit pas sniff sniff) le petit garçon va (apprendre à) continuer de vivre…
Vous devez vous demander : "Pourquoi avoir choisi "la Croûte" comme titre ?"
Et bien, parce qu’après une chute l’enfant va saigner, une croûte se former. Il ne cessera de l’égratigner afin de voir que sous cette croûte, il y a du sang et que quand on saigne, on est vivant !… Une analogie finement amenée entre la mort de sa maman et le deuil qu’il va devoir faire…
Dès que je me fais mal, je l’entends qui me dit tout doucement :
"C’est rien, mon petit bonhomme, tu es si beau
qu’il ne peut rien t’arriver de moche.
Tu es si fort que rien ne peut te faire du mal"


Un album difficile à résumer… Un sujet traité avec une justesse rare, qui vous donne très rapidement les yeux mouillés, parce qu’il touche à l’essentiel ! Il fallait les mots de Charlotte Moundlic et le bel univers d’Olivier Tallec pour y arriver…
La croûte – Charlotte Moundlic
Père Castor Flammarion – Les albums du Père Castor
Mars 2009 – 10 €
Les textes et illustrations de cet article © Père Castor Editions Flammarion, 2009












