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mars202009

Dur dur d’en parler… J’me lance tout de même, le sujet est rare, il est donc essentiel pour moi de vous en parler, même si je sais que ma chronique risque de ne pas faire l’effet que l’album a eu sur mes émotions…

Alors voilà, je vais essayer d’en parler simplement, parce qu’il n’y a effectivement que de cette manière que les problématiques les plus difficiles (pour ne pas dire tabou) sont au mieux abordées avec les enfants (alors pourquoi pas avec chaque lecteur ?)

La première page nous plonge directement au coeur du sujet…

"Maman est morte ce matin.
Ce n’était pas vraiment ce matin,
papa a dit que c’était pendant la nuit
mais moi , je dormais pendant la nuit,
alors ça ne change rien.
Pour moi, elle est morte ce matin".

Ce petit bonhomme haut comme trois pommes vit donc à présent seul avec son papa, ils vont devoir apprendre à vivre sans elle.

Colère, injustice, tristesse,… tous les états y passent ! Et c’est normal me diriez-vous…

Puisque c’est comme ça, bon débarras, j’ai crié à papa.

Ce petit garçon va même jusqu’à se cacher derrière le fait que son papa, lui, ne sait pas faire les tartines avec le zigzag de miel comme sa maman. Qu’elle est partie égoïstement et que son papa n’arrivera jamais à s’en sortir… le pauvre !
Un des plus beaux et difficiles moments de cet album fut pour moi lorsque le petit garçon ne veut pas ouvrir les fenêtres…. Pourquoi ? Parce qu’il a peur que l’odeur de sa maman s’envole (comme elle) et parte à jamais.

"Non ! N’ouvre pas, maman va s’en aller pour de bon…"
Et puis je tombe et les larmes coulent, coulent sans s’arrêter, je ne peux rien y faire et je me sens très fatigué.

Mais grâce à sa Grand-mère, qui va lui expliquer "la mort" de la plus douce et pure manière qu’il soit (alors là, j’vous dit pas sniff sniff) le petit garçon va (apprendre à) continuer de vivre…

Vous devez vous demander : "Pourquoi avoir choisi "la Croûte" comme titre ?"
Et bien, parce qu’après une chute l’enfant va saigner, une croûte se former. Il ne cessera de l’égratigner afin de voir que sous cette croûte, il y a du sang et que quand on saigne, on est vivant !… Une analogie finement amenée entre la mort de sa maman et le deuil qu’il va devoir faire…

Dès que je me fais mal, je l’entends qui me dit tout doucement :
"C’est rien, mon petit bonhomme, tu es si beau
qu’il ne peut rien t’arriver de moche.
Tu es si fort que rien ne peut te faire du mal"

Un album difficile à résumer… Un sujet traité avec une justesse rare, qui vous donne très rapidement les yeux mouillés, parce qu’il touche à l’essentiel ! Il fallait les mots de Charlotte Moundlic et le bel univers d’Olivier Tallec pour y arriver…

La croûte – Charlotte Moundlic
Père Castor Flammarion – Les albums du Père Castor
Mars 2009 – 10 €
Les textes et illustrations de cet article © Père Castor Editions Flammarion, 2009

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15 Commentaires

  • Commentaire by Ori — 21 mars 2009 @ 9:02

    Qu’est-ce que ça a l’air beau! Et avec les dessins de Tallec en plus, il me le faut!

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  • Commentaire by Lilidoll — 23 mars 2009 @ 12:08

    j’aime beaucoup aussi… ça a l’air très fin et plein de retenue et d’audace en même temps.. su un sujet difficile.
    Un très beau livre que je vais aller découvrir en librairie.

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  • Commentaire by Mel — 23 mars 2009 @ 17:03

    Filez vite dans votre librairie le découvrir les filles !
    Juste un conseil : prévoyez les mouchoirs avant de le lire…

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  • Commentaire by Alexandra — 23 mars 2009 @ 19:12

    RoooOOh très très fin ….

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  • Commentaire by Léezy — 24 mars 2009 @ 13:03

    Très beau livre, pleins de justesse et d’émotions… Bravo d’en parler si bien.

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  • Commentaire by sdf de luxe — 24 mars 2009 @ 18:41

    Je ne sais plus comment je suis arrivé ici…
    J’ai ce vécu de disparition (de mon père) étant enfant, et rien ni personne à cette époque pour m’appaiser, ne serait-ce que d’une écoute discrète (même distraite m’aurait suffit!).
    Plus tard, j’ai souvent utilisé cette analogie avec les croûtes et les cicatrices de mes genous pour appaiser le bourdon de la vie des gens qui m’entourent.
    C’est si dur, si délicat d’avoir les notes justes en ces circonstances. Une chose est sûre cependant, c’est qu’il vaut mieux des fausses-notes que pas de notes du tout. Quand j’aborde des sujets douloureux, je commence toujours en disant que quoi qu’il en soit, je ne pourrai jamais mesurer la douleur et la souffrance vécue, mais que je peux tout au plus essayer de m’en approcher… ce qui est la vérité finalement. Le drame de l’un semble souvent dérisoire aux autres…

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  • Commentaire by Benjamin — 25 mars 2009 @ 16:40

    Ce livre est un bijou, tu en parles merveilleusement.

    J’en parles aussi bientôt.

    Olivier Tallec ne cesse de me surprendre par l’intelligence de ses choix et la qualité de son travail.

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  • Commentaire by Mel — 26 mars 2009 @ 19:06

    @Benjamin : Tu as raison : un bijou ! ahhhh Tallec… je fond !

    @sdf de luxe : le hasard fait parfois bien les choses… Les mots sont difficiles à trouver, juste : MERCI ! merci pour ton commentaire, du fond du coeur !

    @Alexandra & Léezy : Très bel album, si beau qu’on a envie de le protéger cet album, tout comme le petit bonhomme… merci pour votre passage par ici :) A bientôt ?!

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  • Commentaire by Gaëlle — 27 mars 2009 @ 11:29

    D’habitude, je ne suis pas une « pleureuse », mais cet album.. dès les premières phrases, l’émotion est là, et j’ai pleuré, j’ai pas arrêté… C’est un vrai bonheur, un indispensable, j’adoooore!

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  • Commentaire by Gautrand Brigitte — 31 mars 2009 @ 9:27

    Bonjour,

    Merci pour le coup de coeur mais avez-vous pensé à demander l’autorisation à l’auteur et à l’illustrateur pour utiliser un grand nombre d’images et de textes?
    Il faut toujours prévoir une autorisation écrite et officielle pour ce genre de promotion.

    Merci d’avoir la gentillesse de bien vouloir me répondre.
    Très cordialement,

    Brigitte Gautrand
    Responsable Presse Flammarion-Casterman
    br.gautrand@flammarion.fr

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  • Commentaire by jean — 31 mars 2009 @ 16:38

    > Gautrand Brigitte :
    Bonjour,
    Je viens de vous répondre sur votre adresse mail.
    Bien cordialement,

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  • Commentaire by Ori — 5 avril 2009 @ 17:42

    Enfin lu et tout émue, un grand merci pour cette belle découverte!

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  • Commentaire by Suzanne Lavigueur — 20 novembre 2009 @ 21:43

    Je viens d’acheter « La croûte » au Salon du Livre de Montréal.
    Comme un trésor d’émotions… C’est trop beau!
    Moi qui ai 63 ans, j’ai presque retrouvé la tendresse et le manque qui avaient entouré la mort de ma mère à 87 ans, il y a quelques années…
    Comme quoi, les émotions rendues avec autant de justesse et de délicatesse sont universelles.
    Bravo à Charlotte Moundlic et à Olivier Tallec. Quelle solide équipe!
    Suzanne Lavigueur

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  • Commentaire by Lucie — 12 mai 2010 @ 10:44

    C’est les « yeux mouillés » comme tu dis Mel, que je laisse ce petit commentaire /// une belle découverte cet album ! Et puis une belle expo qui va suivre à la Soupe :) ) des bises, Lucie

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  • Ping by Oh Olivier ! - La Soupe de l’Espace — 2 juin 2010 @ 7:08

    [...] croûte », cet album qui nous a tant ému… (un sujet TRÈS difficile, un album incontournable) -« Jérôme par cÅ“ur », magnifique album sur l’amitié [...]

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