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Jan * Claudine Desmarteau

écrit par Les croutons 14 avril 2016

Jan  est le dernier roman de Claudine Desmarteau, qui sera en soupière pour en parler ce samedi après-midi (par ici les infos). Jean l’a lu avant moi, a eu du mal à en parler. Je me confronte aux mêmes difficultés. Toujours l’appréhension d’être maladroit(e), de ne pas réussir à retranscrire l’émotion trouvée entre les pages. Car Jan est un roman d’une densité, d’une rapidité incroyable. Une fois ouvert, on se demande si l’auteur ne nous met pas au défi de réussir à le refermer. Le rythme est tellement rapide qu’il faut attendre les fins de chapitre pour souffler. L’écriture, elle, agit comme un long monologue : la narratrice nous amène vers différents épisodes de sa vie, dans un langage parfois cru mais jamais vulgaire, construit au fil des digressions.

Jan – « ça se lit comme Jean même si on dit Jeanne », en hommage à Janis Joplin – est notre héroïne, sauvage et solaire à la fois. Une préado furie, spontanée et qui fait l’effet d’une tornade. D’ailleurs on l’imagine ébouriffée. Avec sa détermination, sa force elle se mange la vie dans les dents – émail contre bitume – la prend à bras le corps. Une narratrice qui fait comprendre dès les premières pages qu’il ne faut ni la chercher ni lui mentir. C’est un personnage toujours dans l’affrontement, dont la rapidité, le cassant du discours fait penser à un combat, un match de boxe contre une réalité difficile, une situation familiale peu enviable. Elle nous parle du collège, des amis, du professeur de français, d’Antoine Doinel des 400 Coups et de cette réalité familiale poisseuse qui malgré tout parait préférable aux foyers et autres familles d’accueil.

Car Jan et son jeune frère avec lequel elle s’adoucit, avec lequel elle construit un rapport protecteur sont un jour presque arrachés à leur père qui boit plus qu’il ne devrait et à leur mère qui a fini par fuir. À partir de là commence la vie des foyers, des familles d’accueil, jusqu’à la fugue. Un road-trip enfantin aux mille rebondissements, ressemblance bien affirmée – quasi admiration – au chef d’œuvre de François Truffaut.

Un roman à lire, à mettre entre toutes les mains les yeux fermés, sans hésiter. Et pour ceux qui veulent un aperçu, l’auteur elle-même en lira quelques extraits en soupière, samedi à partir de 14 h 30.

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