La Soupe de l’Espace Suivez-nous sur Facebook !
  • Romans
  • février7

    Souvenez-vous, il y a peu je vous avais parlé d’un pirate pas comme les autres juste ici, et bien les éditions Gargantua proposent un autre roman rigolo sur une princesse pas tout à fait parfaite et quelque peu… lancinante!


    Il était une fois  une princesse d’une incroyable beauté qui vivait dans la forêt de Brocéliande.
    Malheureusement la princesse avait été victime du mauvais sort d’une sorcière: elle était condamnée à chanter au lieu de parler. Là n’était pas son seul malheur. En effet, la princesse chantait terriblement faux… La sorcière avait ajouté à son maléfice qu’il disparaîtrait seulement le jour où la jeune fille réussirait à faire apprécier sa voix.

    Malgré tous ses efforts, dès que la princesse émettait un son,  cela était insupportable à la cour du Roi et de la Reine. Quant aux deux parents, ils ne savaient plus que faire pour contourner le sortilège! Cours de chant intensifs? Bâillon (non c’est pas vrai ^^)?! Et pour trouver un prétendant à la belle, la marier… c’est une autre paire de manches!

    Roman illustré à déguster à partir de 9 ans ;)

     La princesse qui chantait comme une casserole
    Texte de Claude Bathany- Illustrations de Joël Legars
    Editions Gargantua
    -10 euros

     

  • février4

    Le pirate en sucre rose * Gudule & Marc Lizano

    Posté par dans la catégorie: Romans

    C’est l’histoire d’un capitaine terriblement cruel, redouté de tous, j’ai nommé l’abominable capitaine « Tranche-gorge »! Son odeur nauséabonde, son énorme barbe ainsi que son cache-Å“il ne faisaient que refléter sa méchanceté légendaire!

    Or il y a une chose que beaucoup ignoraient: cette terreur des mers prêt pour tous les combats a bien un point faible, et pas des moindre…. Tranche-gorge a une peur panique de l’eau! Et vous savez pourquoi? Parce que notre sanglant capitaine est en réalité…en sucre! Jamais vous ne vous seriez douté que cet horrible personnage puisse être le fils d’une confiseuse, élevé au milieu des douceurs et couleurs pouponnes, hein?! AHAH !

    Alors pour connaître toute l’histoire de ce pirate pas comme les autres, je vous invite à dévorer ce très chouette roman illustré. A lire tout seul à partir de 8 ans, et en famille avant ;)

    Le Pirate en sucre rose
    Texte de Gudule- Illustrations Marc Luzano
    Éditions Gargantua – 10 euros

  • février3

    Aujourd’hui, on célébrait l’anniversaire d’Hector, le dernier anniversaire
    de la classe avant les grandes vacances, et vu qu’on n’avait jamais fêté le mien,
    Laura qui se souvient toujours de tout m’a demandé quand je suis né.

    -Le 29 février, je lui ai répondu.
    Là , elle s’est mise à rire et elle m’a dit :
    -Mon grand, tu peux pas être né le 29 février, le mois de février, il s’arrête au 28!

    Devant cette remarque, le héros de notre roman reste sans voix… C’est vrai quoi, pas de 29 février sur le calendrier de la maîtresse, rien non plus sur l’almanach des Postes épinglé sur le frigo, ni sur l’agenda des parents! Le 29 février aurait-il disparu de la circulation? Pire encore, le 29 février existe-t-il vraiment? Notre héros ne sais plus quoi penser: « si je suis né un jour qui n’existe pas, comment moi-même pourrais-je exister? C’est impossible! »

    Notre petit bonhomme est bien résolu à enquêter sur cette histoire sans queue ni tête!
    Un chouette petit roman à lire dès 8 ans ;)

    Un jour qui n’existe pas
    Texte d’ Emilie Frèche -Illustrations de Jess Pauwels
    Actes Sud Junior, coll Roman Benjamin- 8 euros

  • février3

    Guerre – Janne Teller

    Posté par dans la catégorie: Essai, Romans

    Publié l’année dernière en Allemagne (et vendu à plus de 40.000 exemplaires), Guerre sortira en France le 8 Mars 2012. Guerre n’est pas un livre comme les autres, dans son fond comme dans sa forme. L’objet en lui-même est très soigné, et ressemble à s’y méprendre à un passeport.

    Le postulat de Janne Teller (l’auteure de « Rien », un fantastique et bouleversant roman paru il y a quelques années aux éditions du Panama, qui lui s’est vendu à plus de 170.000 exemplaires, toujours en Allemagne) est d’interpeller directement le lecteur, en le présentant face à une situation de prime abord très inconfortable. La réflexion expérimentale pose la question suivante sur la guerre : « Et si ça nous arrivait ? »
    Évidemment, cette question on a pu se la poser souvent, sans jamais y répondre, sans jamais avoir le courage d’affronter la réponse directement, de prendre conscience de toute l’envergure d’une telle situation.

    J’aurais du attendre un certain temps avant de publier ma chronique, mais je suis tombé sur une critique qui m’a prodigieusement agacé. Non pas parce qu’elle diverge de la mienne, j’aurais d’ailleurs tendance à m’y intéresser davantage ; non pas par des propos justifiés, parce que le livre pourrait choquer, déranger ; la critique en question pose le livre comme quelque chose de manipulateur, dont le procédé est grossier.

    Le livre est très loin de ça, il pose une réflexion qui dérange, parce qu’elle nous met face à une réalité qu’il nous est très difficile d’appréhender. Nous avons fâcheusement tendance à oublier à quel point la vie en France est bien plus facile que bon nombre de pays autour de notre planète. A quel point nous sommes privilégiés en regard de plusieurs milliards d’êtres humains, et que nous avons beaucoup à perdre.

    Janne a cette intelligence de ne pas culpabiliser le lecteur de ce qu’il se passe. On ne doit refermer pas « Guerre » en se disant qu’on a été manipulé, qu’on a « simplement » de la chance de vivre en France, et pas là où la guerre sévit. On doit ouvrir les yeux, coûte que coûte, pour non seulement éviter que le pire se produise chez nous, mais pour Å“uvrer ensemble à l’éradication de l’horreur de la guerre. Janne est honnête, et nous pousse à nous questionner avec la plus grande sincérité face à un cas de conscience très difficile à concevoir.

    Les utopies, tout comme les rêves, les fantasmes de nos quotidiens, se doivent de nous emmener plus loin, de réfléchir au modèle de société que nous voulons, pas seulement à celui que nous réfutons.

    Les adolescents liront « Guerre » comme quelque chose d’extrêmement constructif, et j’invite d’ailleurs les enseignants d’histoire, de philosophie, de français, à se plonger dans ce livre pour y puiser toutes les vertus humanistes qu’il recense, et les partager avec leurs élèves. Les adultes (et pour certains les parents) que nous sommes auront du mal à affronter certains passages du livre, mais le refermeront avec l’envie de construire un monde meilleur chaque jour, pour ceux qui seront là demain…

    Un bijou d’intelligence, humain, salutaire et salvateur, à mettre entre toutes les mains.

    Guerre – Et si ça nous arrivait ?   Janne Teller & Jean-François Martin (sortie en france
    Editions des grandes personnes – 7,90 euros

    (pour ne rien vous cacher, une interview de Janne Teller et de Florence Barrau (son éditrice pour les éditions des grandes personnes) est en cours de préparation, on vous tient au courant très très vite !)

  • février2

    Eh bien ça faisait une paye que je n’avais pas pris le temps de chroniquer un des romans de cette incroyable collection qu’est Exprim’. Mais le journées ne faisant toujours que 24h, n’ayant toujours pas de paire de bras supplémentaires, et n’ayant pas encore pu développer le don d’ubiquité, j’en suis réduit à faire selon ce qu’il m’est humainement possible de faire :)

    Quoi qu’il en soit, au lieu de perdre du temps à vous parler de moi, je voudrais vous parler de cet incroyable roman, paru il y a près d’un mois (punaise ce que ça file le temps…) chez Sarbacane. Avant de vous donner mon avis sur le roman, je voulais rapidement éclairer la collection Exprim’, qui depuis près de 5 ans, se bat sans relâche pour développer une littérature de CREATION contemporaine, engagée, diablement originale au regard de toute la production actuelle. Exprim’, c’est donc 5 ans de littérature alternative, de nouveaux écrivains, aux talents étincelants, auxquels je voulais rendre un petit hommage aujourd’hui. Tout ça ne serait pas possible évidemment sans cette nouvelle génération d’auteurs, que l’on aime énooooormément (je pense à Axl Cendres, Antoine Dole, Flo Jallier, et pleiiin d’autres), mais aussi sans Tibo Bérard, qui dirige la collection avec une passion et une énergie inébranlable…

    Bon, alors pour en revenir au p’tit dernier de la collection, on tient là un bijou d’intelligence dans l’écriture et dans la narration. On est en 2015, donc pas si loin que ça de notre réalité d’aujourd’hui et de l’état de « fin de siècle » qui règne en cette période post quinquennale, et on suit le journal de Clara, jeune lycéenne au destin funeste.

    Je m’en voudrais terriblement de résumer le roman à une sorte de Cathy’s Book à la sauce Exprim’, car c’est loin d’être le cas. Karim a une écriture superbe, enragée mais toujours juste, il a vraiment le sens du mot qui claque, sans en faire des caisses, sans que ça soit racoleur ou ostentatoire. Si j’évoque Cathy’s Book, c’est parce que le livre est conçu comme un journal intime, truffé d’annotations, de dessins, de pages internet capturées, qui évoque le fonctionnement du gentil roman de chez Bayard. Mais la comparaison s’arrête là. Ici on est plongé dans les bas-fonds d’une ville meurtrie, dans les méandres de l’esprit d’une jeune fille de 16 ans à qui tout semble échapper, mais qui a un recul et un humour féroce sur ce qui lui arrive. Touchée par une affectation de la structure psychique (comprenez un bon vieux dérèglement du cortex), Clara a développé des capacités surnaturelles, qui la feront rencontrer Karin, qui lui ressemble beaucoup, et avec qui elle va partager un fantastique bain de sang. Vous voyez qu’on est loin des mignonnes pérégrinations de la petite Cathy ^^.

    Mais une fois encore, ne réduisons pas le roman de Karim Madami a une succession d’effets gores injustifiés. Il a cette capacité à traduire avec des expressions aiguisées au couteau et un éloquence très forte un mal-être que beaucoup de jeunes adultes ressentent. Il faut parfois sortir de cette réalité étouffante pour mieux la comprendre, et mieux l’affronter. Karim Madani l’a à mon sens tout à fait compris…

    Le journal infirme de Clara Müller – Karim Madani
    Editions SarbacaneCollection Exprim‘ – 15 euros

  • janvier23

    Un roman rythmé, empreint d’humour, de sensibilité, écrit avec un sens affûté de l’observation de faits et gestes de grands adolescents.

    Tout y évoque leurs premiers émois face à l’amour, les blessures générées par un divorce, la trahison du ou de la meilleure amie qui connaît tout de vous, le prof qui fascine…la passion de la musique…

    «… Je n’ai eu aucun mal à jouer, finalement Flanagan (c’est le nom du saxo de Willa) est ce qui me console le mieux de ce que maman appelle les vilaines équations de la vie… Je possède peu d’auto consolations. Mais entre une mère débordée-absente et un père adoforever, j’ai compris très tôt qu’il me fallait des recours… »
    Peut-être le chocolat ou la menthe forte ou…  «  un jour la vraie sérénité… un doudou, un vrai, sans calories… j’entame ma huitième année de saxo alto. »

    Avec le prof de saxo qu’elle admire autant qu’elle le redoute, elle peut satisfaire cette passion.  «… bien sûr ce fut grandiose. Rudy Masquin a une haleine de chien, un sourire à faire peur et des blagues à la con, mais il joue du saxo comme un ange des cieux. Il vous arrache des sanglots ou un rire rien qu’en respirant dans son instrument…. »

    J’ai regardé vivre ces jeunes au travers d’un roman écrit avec énormément d’humour et de réalisme.
    En trame de celui-ci s’insère une énigme passionnante : des tentatives d’assassinat…envers qui ? Et pourquoi ? Willa serait-elle la cible d’un maniaque ou bien, sans s’en douter aurait-elle mis les pieds dans une sombre histoire ?

    Je me suis plongée dans ce roman. Je regrettais d’être obligée de le quitter et je le retrouvais avec délectation car il évoque avec autant d’humour que de sensibilité cette période charnière où l’on sort de l’adolescence pour entrer, parfois avec méfiance, dans le monde d’adulte… qui n’est pas toujours conforme aux regards et aux espérances de chacun.

    Chaque soir à 11 heures
    Malika Ferdjoukh
    Flammarion – 13 euros

  • janvier20

    Un court roman, mais dont l’idée vous reste très longtemps à l’esprit…
    A la fois récit contemporain social et texte d’anticipation, Yves Grevet a cette grande capacité à nous faire réagir en énonçant des thèses assez effroyables, tout en les rendant hyper crédibles. Des thèses qui nous poussent intelligemment à réfléchir au modèle de société dont nous voudrons pour demain.
    Nous sommes en 2028. Le système éducatif que nous avons connu a complètement disparu, il a été entièrement privatisé et reprit par de grosses firmes commerciales…
    Je vous laisse imaginer les dégâts considérables que cela a pu occasionner, et l’absurdité épouvantable dans laquelle cela nous plonge !
    En ces temps troublés par des enjeux électoraux, le texte est salvateur, et devrait être mit entre toutes les mains de manière à nous faire réfléchir à ce que nous voulons VRAIMENT pour l’avenir des enfants…

    Un grand merci à ce grand monsieur de la littérature pour ce grand moment de lecture.

    L’école est finie – Yves Grevet
    Syros – Mini Syros – 3 euros (et en plus, c’est carrément pas cher ^^)

  • janvier20

    Anka – Guillaume Guéraud

    Posté par dans la catégorie: Romans

    Une nouvelle fois, Guillaume nous emmène sans détour au pays de la violence. Mais il a cette faculté à en parler avec une intelligence rare, en la véhiculant avec un message fort. On découvre ici la vie de Marco, jeune lycéen dont la vie bascule tout à coup, lorsque 2 flics font irruption dans sa vie pour lui annoncer la mort de sa mère. Après avoir rapidement découvert qu’il ne s’agit pas vraiment d’elle, Marco va mettre en lumière un vieux secret familial, qui va ébranler bon nombre de certitudes, dans sa vie d’adolescent déjà assez compliquée. La force de Guillaume, au-delà du fait qu’il est toujours aussi contemporain, qu’il sait parler aux jeunes d’aujourd’hui sans les prendre pour des abrutis à qui on peut tout faire gober, c’est qu’il sait traiter de sujets forts et difficiles sans faire du racolage bête et méchant, et sans jamais être manichéen.

    Il a su ici construire un vrai récit d’apprentissage, où l’on se construit à travers des situations assez éprouvantes certes, mais qui reflètent la société dans laquelle on vit aujourd’hui.

    Et à ceux qui pourraient répondre : « oui, mais justement la société elle est déjà assez violente, alors pourquoi en montrer encore plus ? » Eh bien, je vous répondrais que justement, il faut savoir y répondre intelligemment, sans ombrages, en posant vraiment la question aux ados sur ce qu’il leur fait vraiment peur, plus que l’image que l’on se fait pour eux. C’est autrement plus constructif que de se mettre des Å“illères et de ne pas en parler…
    ça m’a d’ailleurs rappelé le travail d’un cinéaste que j’aime énormément : Michael Haneke, et plus particulièrement 2 films : « Funny Games », et « Benny’s video ». Si jamais vous ne les avez pas déjà vus, et que vous avez l’estomac bien accroché, vous verrez, comme dans les livres de Guillaume,  comment on peut parler de violence autrement qu’avec un débat pseudo-philosophique à 23h sur Arte, autrement qu’un reportage choc dégueulasse d’enquête exclusive sur M6, ou encore autrement qu’avec les gros flingues des films de John Woo (même si j’aime beaucoup de cinéma de John Woo !!)

    Il y a une seule petite chose que je regrette, c’est de ne pas avoir plus ressenti l’émotion de la ville où cela se déroule : Marseille. Avec ses contradictions, ses habitants fiers mais généreux, bornés mais ouverts, ses quartiers cosmopolites… On le ressent un peu, mais j’aurais bien aimé parcourir un peu plus les rues de cette magnifique cité phocéenne…

    Merci, et bravo à Guillaume pour ce nouveau superbe roman !

    Anka – Guillaume Guéraud
    Editions du Rouergue - Doado Noir – 9.50 euros
    Magnifique photographie de couverture : Dorothy Shoes (punaise que je l’aime son travail !)

    Related Posts with Thumbnails