Je n’ai pas lu celui-ci…
mais j’ai lu son dernier roman…
Alex et Cédric s’y partagent la plume. La première, avec ses allures de garçonne et son indépendance chevillée au corps, est embauchée en CDD au poulailler industriel de la petite ville morose qui tient lieu de décor. Le second, « 28 ans et rien », vaguement diplômé et réellement désÅ“uvré, se morfond sans passion. A son grand dam (« surtout ne pas s’attacher »), Alex s’est prise de compassion pour Gérard, alias Roswell, handicapé sérieux malmené par sa belle-sÅ“ur Marlène, la logeuse d’Alex. C’est un même élan de solidarité envers le « monstre » qui animera bientôt Cédric et son copain Olivier, un obèse plus fin qu’on ne le croit. Jusqu’à imaginer une cocasse équipée à quatre sur un side-car de folie… (cf-l’express)
Pour vous raconter (encore !?) ma vie, quand je lis un roman j’aime corner les pages (Oh mazette !). Des passages à souligner, des phrases à ne pas oublier, des mots alignés à graver… Ensuite, une fois le livre refermé, je me délecte de les relire et vous choisir LE passage
Mais là … quelle difficulté. Choisir. Trop de cornes, de beau passages, de justes phrases ! Il a fallu trancher. J’ai décidé de vous écrire celui qui m’a énormément ému, et bien plus…
(pour vous mettre dans le contexte, Alex vient d’amener Roswell en ballade. Sur leur chemin ils ont fait la rencontre de deux jeunes…)
-Alekschh ?
-Oui ?
-Sssché h’rai ?
-C’est vrai quoi ?
-Ke zje sschuis un hhonsskre ?
Je me suis arrêtée, je suis venue m’accroupir devant lui. Il avait trempé de salive son écharpe et le col de sa parka. Je l’ai regardé, j’ai dit :
-Tu es de loin le plus beau monstre que je connaisse, et tu as vu comme tu leur as fait peur ?!
Il a mis ses mains en avant, il a fait Grrrrr !
Il s’est marré.Je me suis dit que j’étais lâche de prendre ça à la blague, parce qu’il est monstrueux, c’est vrai. Mais qu’est-ce que j’aurai pu répondre ?
Et puis je le trouve de moins en moins moche, pour tout dire.
L’habitude amortit les chocs. Les beaux deviennent ordinaires. On finit par se demander pourquoi on les trouvait si magnifiques, craquants, et à tomber par terre.
Et les vilains gagnent à être revus. [...]
Une question me revenait sans cesse en tête au fil des pages : « Mais comment fait-elle ? » Comment Marie-Sabine Roger arrive-t-elle a nous conter cette histoire si « triste » (si réelle, qui plus est) avec humour, ironie même parfois… mais toujours parsemé de tendresse, d’émotion. Humain : voilà , c’est le mot juste. Ok, certains penseront que mon côté « ménagère de moins de 50 ans » est revenu en force… Oui, et alors ?! ![]()
Il s’agit là , d’une lecture qui se dévore tel un cupcake que l’on accompagnerait d’un doux thé (j’aurai bien dit « chocolat chaud » mais vu le temps actuel…)
Vivement l’avenir
Marie-Sabine Roger
Éditions du Rouergue – 19 euros
Un livre qui annonce également une nouveauté dans la soupière… vous avez compris ?


































