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  • BD
  • août6

    Un certain Cervantès * Christian Lax

    Posté par dans la catégorie: BD

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    De son illustre homonyme, Mike Cervantès ne sait rien. Pour fuir l’ennui et les ennuis, il devient soldat en Afghanistan, où il est pris en otage par les Talibans. Lorsqu’il revient enfin au pays, avec une main en moins, c’est pour découvrir une Amérique gangrénée par la crise des subprimes, la pauvreté, le racisme et l’injustice. Révolté, c’est en prison qu’il découvre Don Quichotte et la vie de Miguel de Cervantès, qui présente tellement de similitudes avec la sienne. C’est ainsi que Mike endosse l’armure du chevalier à la triste figure et part sur les routes pour redresser les torts…

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    Lax signe ici une somptueuse BD. Il s’en donne à cœur joie pour dessiner les paysages de western que traverse Cervantès, et transmet avec brio la force de la colère de son personnage. Malgré son regard sévère (à juste titre!) sur les États-Unis, l’aventure ne manque pas de douceur : amitié, amour et solidarité sont au rendez-vous, ce sont eux qui donnent l’espoir…

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  • août3

    Lost property * Andy Poyiadgi

    Posté par dans la catégorie: BD, Bilingue

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    Je ne peux pas m’empêcher de vous parler de ce texte édité par Nobrow. Lost property et son format très court, entre roman graphique et bande-dessinée, m’a terriblement émue.

    Les planches mettent en scène un facteur assez altruiste qui a toujours géré et fait parvenir les biens des autres à destination. Jusqu’au jour où, au beau milieu de son assiette de frites-poisson pané-petits pois, il reçoit un appel inattendu du bureau des objets perdus. Doucement, inconsciemment, on passe du dévouement de ce Gérald à une sorte d’introspection.

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    Lorsqu’il se rend à l’office pour y récupérer son coupe-papier, chaque objet lui semble familier. Et pour cause, les tubas, télescopes et autres maquettes de bateaux lui ont appartenu un jour et l’obligent un peu brutalement à plonger en apnée dans ses souvenirs, à se prendre en pleine figure une cave entière de morceaux de passé. D’ailleurs l’employée elle-même se révèle être une ancienne camarade perdue de vue.

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    Maintenant vous pouvez facilement imaginer l’impression d’absurdité qui nous submerge à la lecture – pour ma part, je deviens facilement aussi perdue que Gérald. Cela dit, malgré les bouleversements, après être passé de la stupéfaction au questionnement de son passé, de ses choix de vie, il réussit à apprivoiser à nouveau ces objets assez naturellement, à les coordonner pour créer un tout et l’ancrer dans le présent – le résultat est merveilleux vous verrez !

    La chose que j’oublie de vous dire est qu’il s’agit d’un texte en anglais. Le niveau de langue y est très abordable et le format fait que l’on réussit à aller au bout, tout en saisissant la teneur.

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  • août1

    Quand Josef (10 ans) se lève le matin et qu’il ne veut pas bouger (parce que les vacances c’est bien aussi chez soi), il se enfile son costume de Slipman (béh oui il fait chaud ^^), se muni de feuilles et autres matériels dont les stickers Mortelle Adèle (vous connaissez les BD ? trop bien !) et en avant les histoires…

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    De quoi faire s’amuser en toute créativité !

  • juillet17

    Lazarus * Rucka, Lark et Arcas

    Posté par dans la catégorie: Adulte, BD

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    Alors, les comics, c’est pas trop mon truc d’habitude… J’ai lu les livres d’Alan Moore, quelques épisodes de Fables, mais je ne me suis jamais lancée dans les séries sur les super-héros – il faut dire que ça ressemble quand même un peu à une jungle, tout ces prequels, spin-offs et compagnie… Souvent, j’ai été refroidie par le graphisme si particulier de ces BD, qui mêle ultra-réalisme et couleurs criardes.

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    Et puis le premier tome de Lazarus est arrivé en soupière… Je l’ai lu et je dois dire que je me suis régalée. L’histoire déjà, me plait. Dans un futur pas si lointain, le monde est aux mains de quelques familles toutes puissantes. Dans chaque famille, un membre a été choisi pour être son « Lazare ». Surentrainés, bourrés de technologie et de capteurs, ils sont le bras armé de leur famille. Dans la famille Carlyle, une des plus puissantes, le Lazare s’appelle Forever et a les traits d’une jeune femme. Innocente malgré sa puissance, on comprend vite que son existence cache un secret et que c’est autour d’elle que vont se répercuter les dissensions de la famille. Car dans l’ombre, ses « frères » et « sœurs » s’agitent, se positionnent pour gagner de l’influence sur leur père.

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    Si le récit vous tient en haleine, le dessin est bien à la hauteur. Cadrages et séquences comme au cinéma, couleurs soignées et sobres, les auteurs nous livrent ici un univers tout à fait particulier et complexe.

    Amateurs de comics ou néophytes, une chose est sûre, ruez-vous sur Lazarus, vous ne serez pas déçus!

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  • juin27

    Et prends une bande-dessinée de Petit Poilu de préférence, la légende dit que leur format est pensé exprès pour protéger les yeux des enfants sur les plages.

    La collection est arrivée en soupière la semaine dernière et je peux vous assurer qu’il y en a pour tous les goûts : des vaisseaux spatiaux, des sirènes, des clowns, des pirates…

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    On retrouve dans chaque bande-dessinée notre héros, boule de poils noire, dans ses rituels du matin – lever, petit-déjeuner, bisou à maman, départ à l’école – jusqu’à l’imprévu. Au moment où une flaque l’envahit, où il s’enfonce dans un champ de blé, c’est le début d’une aventure – temporalisée sur une journée – qui va rompre sa routine et le transporter dans autant d’univers incroyables, toujours avec une forte dose d’humour et des thèmes comme la témérité, la curiosité…

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    Ces répétitions de rituels proches des réalités des enfants et ce personnage récurrent amènent des repères d’un livre à l’autre de la collection, quand on sait que chacun mettra en scène une aventure différente et apportera un renouveau dont on ne se lasse pas.

    Les histoires sont très riches et l’avantage de ces bandes-dessinées sans texte réside dans l’interprétation. L’enfant suit l’histoire, fait fonctionner son imaginaire et développe son vocabulaire grâce à la multitude de lieux, de détails, d’animaux, d’aventures. D’ailleurs Mel me disait que, pour l’avoir testé, c’est un très bon moyen de développer le lexique de son enfant dès 2 ans.

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    Et puis Petit Poilu permet aussi de faire découvrir la bande-dessinée aux tout-petits et de rire ensemble !

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  • juin1

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    Hybride.

    S’il y a un mot pour décrire la dernière création de Nicolas de Crécy, c’est bien celui-là. Les origines du projet sont franco-japonaises, puisque le livre parait simultanément au Japon et cela se voit dans la construction du récit, qui ressemble à un manga. Les univers aussi se mêlent. D’un côté, un marchand de pianos bien trop petit, de l’autre, un gang de catcheurs dirigés par une famille de mafiosos dont le chef est particulièrement précoce (et se trouve être le neveu de notre héros). Au fil de l’histoire, on rencontrera aussi un manchot (l’animal, hein) pianiste, une belle catcheuse, un tueur cyborg à roulettes et surtout une bande de fantômes qui viendront en aide à notre petit bonhomme.

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    « C’est du grand n’importe quoi! » me direz-vous! Mais non, Nicolas de Crécy a su insuffler à tout ce petit monde toute la poésie qui caractérise son œuvre et les fait évoluer en harmonie. C’est notamment le cas des fantômes, qui évoquent les yokaï japonais (des esprits qui vivent aux côtés des hommes) et qui se nourrissent de la faiblesse des humains. Ils incarnent les ratés, les exclus, ceux qui ont souffert pendant leur vie.  C’est la musique du marchand de pianos qui les fait sortir des marges dans lesquels ils étaient relégués pour pouvoir enfin trouver du réconfort et exister. Car finalement, ce sont eux les grands vainqueurs de cette histoire…

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    Nicolas de Crécy, bien qu’il dise ne pas être un grand connaisseur de manga réussi quand même haut la main l’exercice de style. Ce sont bien son dessin, sa ville, ses personnages fantasmagoriques, mais le rythme du récit et la scénographie des cases sont ceux du manga. Les scènes d’action sont découpées si finement qu’on se croirait presque au cinéma et les phases plus calmes sont de vraies respirations dans le récit.

    Après Bastien Vivès (entre autres) et sa série Lastman, voilà un autre auteur français qui nous prouve que le manga est bel et bien entré dans la culture BD française, donnant naissance à des œuvres passionnantes et – justement – hybrides.

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  • mai28

    Laissez moi vous parler du dernier petit bijou que nous avons reçu …

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    Thomas et Manon, ce n’est pas un livre, ce n’est pas une BD et ce n’est pas tout à fait un jeu non plus. Mais alors, me direz-vous, qu’est-ce?

    Eh bien, par où commencer? C’est une petite boite en carton, cubique, couverte d’un motif aux belles couleurs, qui évoque une mappemonde. Lorsqu’on l’ouvre, on voit qu’elle recèle un tas de petites cartes carrées. Sur certaines, il n’y a que du dessin, sur d’autres, du dessin et des bulles ou encore du dialogue façon théâtre.  Mais que faire de ces cartes? Jouer? Lire? Et si on décide de les lire, dans quel ordre? Par où commencer? Par où terminer?thomanon2

    Alors on se plonge dans les explications. On trouve une carte de début (c’est celle où il y a le titre, comme dans les livres), et une carte de fin (il y a écrit fin). Entre les deux, eh ben on fait comme on veut!

    On dispose les cartes les unes à la suite des autres pour raconter l’histoire de Manon ou de Thomas. Parfois, il arrive qu’on les voit tous les deux sur la même carte, ce qui permet au lecteur de créer des drôles de bifurcations et un récit labyrinthique. Pour que ce soit encore plus beau, quelques cartes permettent de composer de grandes planches de BD, dans lesquelles se nichent de grands rebondissements …

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    Alors, dégagez une grande table ou un grand tapis, enclenchez votre imagination et lancez vous dans une aventure poétique et drôle. Et puis quand vous avez terminé, remballez tout et recommencez pour raconter une nouvelle histoire!

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  • mai21

    Catharsis – Luz

    Posté par dans la catégorie: BD

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    Catharsis, c’est le nom du dernier livre de Luz. Et ce n »est bien évidemment pas que ça, c’est beaucoup plus qu’une BD, c’est quelque chose de foutrement personnel, l’expression de quelqu’un qui a survécu à l’impensable. Je crois très sincèrement qu’on est à mille lieues d’imaginer ce qu’il peut se passer dans la tête de quelqu’un qui a perdu ses plus proches amis, d’autant plus quand on lui demande toute la journée ce que ça lui fait, s’il a prévu de faire autre chose, si untel ou tel autre est vraiment Charlie. On peine du coup à imaginer à quel point ça a du lui couter de nous livrer tout ça.

    Parce que ce livre, il est aussi foutrement beau. Il est généreux, libre. Le trait y est fluide, le lâcher prise est évident. Il nous interpelle, nous touche, nous envoie chier avec toute la bienveillance et l’attitude punk qu’on connait bien de Luz ; il nous (me, en tout cas) bouleverse, assurément. On sent le doute, et c’est malheureusement aussi bien là ce qu’on veut sentir. Le paradoxe de la distance et de l’intime qu’on livre. Mais encore une fois, ça n’est pas que ça. C’est un tout beaucoup plus gros qu’il vous faut découvrir, lire et parcourir par vous-même.

    Il y a une phrase, un dicton, que je répète souvent dans des circonstances similaires. Il est sans doute un peu con, mais je l’aime bien. ça dit : « les morts, il n’y a que les vivants pour les pleurer ». Bein c’est encore une fois le cas, alors écoutons pleurer Luz, pleurons ensemble pour ceux que ces connards nous ont pris. Pleurons, puis rions, très fort. Rions à s’en faire péter les baleines, et rappelons nous de Charb, de Cabu, de Tignous, Wolinski et Honoré.

    Merci pour ça Luz. Pour ça, et pour tout ce que tu nous as donné à Charlie. Nous aussi on t’aime fort, on vous souhaite à la femme de ta vie et à toi une belle et longue route…

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    Vous pouvez aussi voir ça ; c’est Luz qui a accordé un chouette entretien à Mediapart, que je vous invite prestement à voir en cliquant ci-dessous :

    http://www.dailymotion.com/video/x2qpptg

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