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  • Adulte
  • avril16

    Kanopé – Louise Joor

    Posté par dans la catégorie: Adulte, BD

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    Rares sont les coups de cœur unanimes en BD à la librairie, Kanopé en fait irrémédiablement partie. Le cocktail parfait pour une très, très chouette BD : un savant mélange d’aventure,  d’humour, de rebondissements, des personnages drôles et attachants, un magnifique coup de crayon, une intrigue SF bien ficelée, un bel univers particulièrement immersif, le tout servi dans un seul volume (un one shot dans le jargon éditorial) !!!

    La BD démarre par une préface de Philippe Buchet, le papa d’une autre héroïne qu’on aime beaucoup, et depuis quelques années maintenant à la librairie, Sillage (à savoir d’ailleurs que la première édition comporte un bien joli ex libris dessiné par Buchet). Cela n’a rien d’étonnant car les connexions entre Sillage et Kanopé sont nombreuses, et même si Kanopé a son propre univers, on sent que l’hommage à l’œuvre de Buchet est bien présent.

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    Nous sommes en 2137, et comme on pouvait s’en douter, l’Homme a tout dézingué sur son passage. L’écosystème de notre planète a été complètement déréglé, le reste de l’humanité vit reclus dans le dernier bastion de ce qu’il reste de notre planète, l’Amazonie. Kanopé, une jeune fille orpheline, y vit encore, cohabitant avec une colonie d’anciens révolutionnaires, les « éco-martyrs ». Son destin sera changé à jamais lorsqu’elle fera la connaissance de Jean, qui a fuit de son côté la station orbitale sur laquelle il était prisonnier…

    Louise Joor signe là sa toute première BD, au style impeccable ;  qui lui aura prit 2 ans de sa vie. Rien que ça ! Toutes nos félicitations pour cette excellente BD, un chouette moment de lecture qui donne envie de découvrir ce que cette jeune auteure aura à nous offrir dans les années à venir. Bienvenue Louise, et un grand bravo pour ta Kanopé :)

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  • mars25

    Le Serpent d’Eau * Tony Sandoval

    Posté par dans la catégorie: Adulte, BD

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    Tony Sandoval et son univers onirique. J’aime m’y échapper ! Je referme « Le serpent d’eau » paru chez Paquet en février, auparavant engloutie « Les Echos invisibles » (le deuxième tome étant de février également). Rêve, irréalité, le surnaturel vous y croyez vous ?

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    Dans « le Serpent d’eau » Mila est une adolescente solitaire, ancrée dans la réalité. Elle aime s’échapper pourtant seule en vélo, loin de sa maison, dans des endroits connus d’elle seule. Un jour qu’elle part se baigner, elle rencontre une jeune fille blonde, de son âge. Si mystérieuse, si différente d’elle… Agnès. Notre timide héroïne est attirée et ressent pour cette poupée blonde aux propos étranges une terrible attirance, et plus particulièrement pour ses dents (blanches, si belles) que lui arrive-t-il ?

    Entre rêve et réalité on accompagne ces deux jeunes filles comme par enchantement ou plutôt : comme par envoutement. Les aquarelles de Tony sont magiques, elles offrent un voyagent au cœur d’un conte apaisant et dérangeant, pour adultes, de 144 pages. A sa lecture, Tony Sandoval nous fait jouer avec le feu à chaque page tournée, tout comme Mila flirte avec l’eau…

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    Le Serpent d’eau est un conte pour grands enfants qui mêle étrangeté et réalité, le surréel en plein cœur du réel ! J’ai adoré m’y plonger. Merci, vivement le prochain !

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  • février15

    Julio – Gilbert Hernandez

    Posté par dans la catégorie: Adulte, BD

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    Voilà, elle est là. Probablement la Bd que j’aurais le plus attendu ces derniers mois. Un chef d’œuvre monumental, magistral. Je ne vous cache évidemment pas mon admiration indéfectible pour Gilbert Hernandez, qui a été publié récemment chez cette extraordinaire et indispensable maison qu’est Atrabile avec « La saison des billes« , en septembre 2013. Gilbert Hernandez signe là un récit de 100 pages, absolument époustouflant ; une prouesse visuelle et scénaristique, autour d’un personnage que nous allons voir naitre, vivre et mourir. Le portrait d’un homme et de toute sa famille, savamment orchestré et d’une puissance narrative comme on en fait peu.

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    100 pages, pour 100 ans d’histoire. Une éblouissante traversée du siècle dernier par quelques uns de ses occupants. 100 ans de la vie d’une famille mexicaine traversée par les drames et les petits bonheurs de l’existence.

    Autant vous le dire tout de suite, les drames ont été légion dans la famille de Julio. Et même si le ton, la densité dramatique sont très loins de ce que l’on pouvait suivre dans la saison des billes, on y retrouve la même apparente insouciance, la même capacité à passer simplement de la tragédie au sourire, de l’horreur aux petits plaisirs de la vie.

    Ils sont très rares les auteurs à avoir cette capacité à saisir le réel dans sa plus grande âpreté. Sans amertume, sans gravité lourde, Gilbert Hernandez nous dévoile les failles et les forces de personnages on ne peut plus humains. Il nous faut remercier l’équipe d’Atrabile de nous avoir transmis une si belle œuvre, que tout amoureux de la BD et des grands récits se doit d’avoir et de chérir chez soi :)

    Traduit de l’anglais (US) par Daniel Pellegrino & Christophe Gouveia Roberto – Introduction de Brian Evenson

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  • février7

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    6 avril 1940 : un décret interdit la libre circulation des nomades et des roulottes… «en période de guerre, la circulation des nomades, des individus errants… constitue… un danger qui doit être écarté».

    Octobre 1940 : les tziganes sont rassemblés dans un des camps fermés «le camp des Alliers» à Angoulême.

    Ils y vivront 10 années dans des conditions inhumaines. D’autres camps seront créés en France pour les «accueillir». La raison invoquée de cet enfermement sera : «une aide à la sédentarisation, ne plus être itinérants, accéder à un logement». Ils vont survivre ou non dans ces camps pendant les années de guerre.

    31 octobre1944 : la libération. Pourtant, le camp des Alliers n’ouvrira ses portes qu’à la fin de l’année 1946. «Les historiens estiment que les Allemands et les alliés auraient exterminé de 25 à 50 % de tous les tziganes européens». Avant cet épisode de souffrances, d’horreurs, ils vivaient en parfaite harmonie avec la nature. «Ils marchaient sur des chemins, sur le fil de leur vie, oscillation douce entre la roulotte et l’horizon toujours changeant des campagnes du Poitou. Sur ce fil jamais tendu, une vie rebelle, chahutée, chantée».

    Une vie «hors normes» mais une vie heureuse !

    Bien sûr, ils ne rentrent pas dans la «normalité». Ils sont fiers et ne désirent pas changer de mode de vie. Dans le camp des Alliers la vie va vite devenir une lutte quotidienne pour survivre. En 1946, quand ils seront enfin libérés, ils ne possèderont plus rien : ni vêtements décents, ni verdine ou roulotte, ni nourriture. Ils reprendront le fil de leur vie en sachant qu’ils ont tout à reconstruire.

    J’ai travaillé plus de 10 ans avec la population tzigane, avec pour mission : «les amener au droit commun». J’ai côtoyé au quotidien des personnes fières de leur histoire qui ne souhaitaient pas intégrer des HLM. Ces familles, aujourd’hui, vivent toujours dans des caravanes, roulottes ou abris de fortune. Les familles ayant accédé à un logement traditionnel, ne tardent pas à solliciter un bout de terrain pour y installer une caravane et vivre à nouveau en harmonie avec la nature.

    Le rejet qu’ils subissent depuis des siècles les amène à penser qu’ils sont tziganes et non «gadgi ou payo», même s’ils sont français depuis plusieurs générations. Je ne les ai pas toujours amenés «au droit commun», mais j’ai découvert des personnes particulières, attachantes et reconnaissantes pour le moindre service rendu. Conserver encore et toujours leur choix de vie dans le respect de ceux qui les respectent. Le lien familial reste leur force.

    Dans ce livre vous découvrirez combien ce lien est important dans leur histoire, leur douleur, leur fierté. En effet, on «n’entre pas dans leur âme avec des chaussures», mais avec un profond respect pour leur amour des autres, pour leur liberté, leur fierté et la mémoire de leurs origines.

    Un livre fort, bien que tout en nuances. Paola Pigani trouve les mots justes pour nous décrire les joies, peines ou souffrances de ce peuple si fier.

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    Merci à Françou pour cette beeeelle chronique !!! Merci :)

  • janvier23

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    Camille Benyamina et Eddy Simon livrent une bande dessinée captivante qui s’inspire de l’un des faits divers les plus célèbres des années 30: l’itinéraire tragique d’une toute jeune femme, Violette Nozière 19 ans, surnommée « le monstre en jupon » puisqu’à l’automne 34, elle est jugée pour avoir empoisonné ses parents. Son père meurt mais  sa mère s’en sort miraculeusement. Violette Nozière est d’abord condamnée à la peine capitale puis graciée par le président de la République Albert Lebrun. Sa peine sera réduite à 12 ans et elle sortira de prison en 1945.

    Ceci je l’ai appris grâce au dossier de 8 pages de photos d’archives et de texte qui prolongent la lecture. En revanche pour la BD elle-même Camille Benyamina et Eddy Simon ont choisi de ne pas privilégier l’aspect policier et judiciaire pour se concentrer sur le portrait de Violette Nozière, séductrice et tourmentée, manipulatrice et meurtrière. C’est une plongée dans l’esprit de Violette que nous proposent surtout les auteurs.

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    Violette est issue d’un milieu très modeste et rêve de vivre en femme bourgeoise. Elle rejette l’école et le travail et mène une vie en secret de ses parents: elle se prostitue, vit de fêtes qui se tiennent dans les endroits de Paris où il faut être vue. Elle ment à ses parents et les manipule. Elle s’invente une identité et mène à 19 ans la vie d’une croqueuse d’hommes, grisée par le gain et la reconnaissance sociale. Violette semble indifférente aux hommes à qui elle se donne mais paraît pourtant vibrer du désir qu’ils projettent sur elle. Jusqu’à la rencontre avec Jean Dabin. Elle semble être éprise cette fois. Pourtant à lui aussi elle ment. Très vite les amants vont avoir besoin d’argent. Très vite Violette dérape, elle ne se contente pas de manipuler ses parents et de leur mentir, elle les empoisonne. Toucher l’héritage, partir avec Jean Dabin, Violette Nozière semble croire à cette ultime manœuvre, jusqu’au moment irréversible!

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    « Mythologique jusqu’au bout des ongles » disait André Breton! Folle, dangereuse et en même temps poétique et touchante, Violette Nozière a effectivement tout pour inspirer les créateurs comme Camille Benyamina et Eddy Simon qui  ici  racontent son destin en bande dessinée.
    En plus des réactions des surréalistes en littérature à l’histoire de Violette Nozière à l’époque, il faut aussi rappeler que le grand Claude Chabrol, qui a réussi dans nombreux de ses films à montrer l’ambivalence, voire la folie  dévorante chez les femmes , a adapté le fait divers dans Violette Nozière  en 1978 avec dans le rôle principal une de ses actrices fétiches: Isabelle Hupert!

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    Camille Benyamina et Eddy Simon signent ici une superbe adaptation d’une histoire passionnante! La BD  fait remonter le fil des événements et ouvre sur d’autres sources, littéraires, cinématographiques. C’est un vrai plaisir de se plonger dans cette BD qui je le précise est la première pour Camille Benyamina !! ( A suivre de près!!)

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  • janvier21

    eddybellegueule

    On sort de ce livre comme après un long combat de boxe qu’on aurait remporté. Un peu titubant, hagard, le souffle court, mais debout. Non pas qu’Édouard Louis ait voulu nous violenter à travers ses propos, mais parce qu’il parait insensé d’avoir vécu ce qu’il a vécu, de découvrir un auteur de 21 ans nous raconter les épisodes les plus noirs de sa jeune vie…

    L’enfance n’est pas toujours aussi belle qu’on le croit, celle d’Eddy a même été extrêmement douloureuse. Avoir 10 ans, et découvrir son homosexualité dans une ruralité hostile et ignorante peut avoir des conséquences désastreuses ; on peut difficilement imaginer ce que ce jeune garçon de 10 ans a souffert.
    Il lui a fallu certainement des trésors de courage pour se construire ainsi et s’affranchir de cette douloureuse vie, encore davantage pour nous le livrer ainsi. Ce qui me bouleverse le plus, c’est à la fois cette bravoure pour raconter des faits aussi éprouvants (avec parfois une précision chirurgicale lors de l’évocation de certains détails), et ce détachement, cette apparente facilité à dresser un constat sociologique d’une frange de la population à laquelle il a appartenu.

    Il faut avoir le cœur bien accroché à la lecture, tant certains passages sont particulièrement remuants. Sans retenue, à vif mais avec une incroyable sensibilité, Édouard nous livre la courte vie d’Eddy, en nous montrant que de l’horreur peut naitre le magnifique.

    Un livre beau, brillant et salvateur, certainement pour lui, mais aussi pour beaucoup d’entre nous. Un livre qui interroge, qui questionne. Pas seulement pour évoquer la naissance de la sexualité ou bien les difficiles conditions de vie d’une famille dans un village paumé du Nord de la France, mais aussi sur le rapport à soi, à ce que l’on donne aux autres, à ce que l’on choisit d’exposer. Et si Édouard a voulu ainsi s’exprimer, ce n’est pas pour juger ou condamner, mais pour tenter d’expliquer, comprendre ce qu’il s’est passé, et même l’excuser. Il se montre d’une grande bienveillance, et nous montre toute la force, la lumière et la beauté de l’âme humaine. Un premier roman immensément fort et courageux.

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  • janvier11

    Baignade surveillée * Guillaume Guéraud

    Posté par dans la catégorie: Adulte

    Rares sont les romans en littérature adulte que je termine…
    Et puis il y a ceux que je ne peux pas refermer avant d’en avoir digéré les dernières miettes. Le dernier roman de Guillaume Guéraud (auteur « coup de poing » jeunesse qu’on ne présente plus !), sorti dans la collection de littérature générale La Brune (Éditions du Rouergue) en fait parti. C’est qu’il sait jouer avec nos nerfs Guillaume !

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    L’histoire d’un couple parti en vacances, comme chaque année au camping du Cap-Ferret. Leur fils de 10 ans est là, tourmenté entre les deux. Une histoire banale pensez-vous. Vous ne connaissez pas encore la plume de Guillaume !?

    Le couple est à bout de souffle, si court… Alors que l’un s’accroche aux souvenirs, l’autre est déjà parti. En parallèle l’histoire d’un frère, un cacou comme on dit chez nous, qui arrive là tel un intrus. A nous de chercher l’erreur !…

    Un roman sur les relations, conflictuelles avec cette pointe d’amour (au couteau).

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  • décembre15

    Devinettes !

    Posté par dans la catégorie: Adulte

    Deux titres sont récemment sortis chez Cambourakis pour les grands curieux. L’an passé il y a eu le pointu « Quel est ce film ? », cette année voilà deux livres qui tombent à pic pour les fêtes de fin d’année (si vous êtes encore à vous prendre la tête : « Quoi mettre sous le sapin pour mon(/ma) meilleur(e) pote et/ou ce grand-oncle incollable en cinéma, bd.. ? ».

    Le premier « Silhouettes de la culture pop »…

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    Il s’agit là d’un joli livre toilé aux illustrations en noir et blanc de Olly Moss qui, comme son nom l’indique vous invite à deviner qui se cache derrière les silhouettes de la culture pop. Ombres mystérieuses, saurez-vous retrouver qui se cachent derrière cette centaine de figures de la culture populaire, personnages cultes du cinéma, de la télévision, de la bande dessinée ou des jeux vidéo ? On essaye ?!…

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    J’vous ai choisi des fastoches mais il y en a d’autres bien plus costauds ^^

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    Le second : « Les grands duels du cinéma ».

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    Scott Campbell, ce peintre, illustrateur, auteur de bandes dessinées, de livres pour enfants et de jeux vidéo s’est amusé à nous présenter un certain nombre des plus grandes confrontations de l’Histoire du Cinéma. Béh oui, c’est bien connu, il y a toujours eu au moins deux figures et/ou deux acteurs pour se partager le succès du film. De qui vous souvenez-vous le plus ? Ah !
    C’est intelligent, amusant, si ludique pour les grands enfants que nous sommes !
    On teste vos connaissances ?!…

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