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  • Adulte
  • décembre92014

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    Cheryl nous relate les derniers moments de partage avec sa mère, « sa maman ». Elle évoque  la « Séparation ». Comment cette maman lui a transmis sa force, ses valeurs qui lui ont permis de se construire… mais comment affronter cette séparation ?

    « Pour sauver ma peau, j’ai décidé de ne plus avoir peur et d’avancer »

    Un récit autobiographique d’une telle intensité ! Une confession forte, un moment de vie où vont se côtoyer la peur, le doute, la folie, l’humilité mais aussi le courage.

    Après la « Séparation », elle va perdre tous ses repères et flirter avec la vie et la mort pendant des mois. Comment retrouver un sens à sa vie ? Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé elle décide de s’imposer une épreuve énorme, démesurée :

    « tout quitter pour une randonnée de 1700 km : les Chemins des Crêtes du Pacifique, le Pacific Crest Trail. ( le P.C.T.)

    « …s’écarter du droit chemin, dévier de sa course, être perdue, perdre la tête, être sans père ni mère, ne pas avoir de maison, errer inlassablement en quête de quelque chose, se détacher ou s’éloigner … »

    Ceux qui aiment la randonnée, savent ce n’est pas que le bonheur de parcourir des sites. La randonnée sert aussi de socle à la méditation, à l’introspection ; un peu  la toilette de l’âme et du corps. Le P.C.T. un long chemin jalonné d’épreuves morales ou physiques mais le chemin de la vie. Tout au long de cette marche les souvenirs reviennent, bons, beaux, détestables mais chaque pas sera un pas de plus vers la reconstruction de Cheryl.

    Les rencontres, les épreuves tant physiques que morales vont la rendre plus forte et positive.

    Un livre merveilleusement écrit que j’avais du mal à quitter et dont j’ai savouré chaque page. Un livre qui aide à renouer avec l’essentiel.

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  • novembre212014

    Irmina * Barbara Yelin

    Posté par dans la catégorie: Adulte, BD

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    Dès mon arrivée à la librairie hier après-midi, je n’ai pu faire autrement que remarquer toutes les nouvelles BD qui venaient d’arriver. Et parmi elles : Irmina, qui a tout de suite attiré mon regard. Le soir même, je dévorai ce gros roman graphique, complètement emportée par le destin de cette femme…

    Irmina est une jeune femme allemande des années 30, à la recherche de liberté et d’indépendance et animée par la volonté farouche de se faire une place dans le monde. A Londres, où elle étudie, elle tombe amoureuse de Howard, étudiant de couleur. Bien que leur relation doive rester secrète, elle n’hésite pas à le défendre face au racisme. Dans le même temps, alors qu’elle se voit comme une allemande « normale » et que la politique ne l’intéresse pas, elle se retrouve souvent à justifier le régime nazi.

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    Obligée par les circonstances de retourner en Allemagne, pressée par le durcissement du régime et sa volonté d’avoir une bonne place dans la société, Irmina cède peu à peu à l’influence du nazisme. Là voilà qui épouse un architecte membre de la SS et qui détourne le regard lors des pogromes contres les juifs. Pourtant, elle veut travailler et surtout pas rejoindre les diverses associations féminines du régime. C’est ce paradoxe qui est passionnant et qui offre un éclairage rare et subtil sur l’Allemagne nazie et le comportement des allemands « normaux » pendant la guerre. Complices ou indifférents? Coupables en tant que peuple ou victimes en tant qu’individus?

    Car si Irmina nous laisse un sentiment, c’est bien celui – doux-amer – du « ça aurait pu être autrement ». Cet « autrement », on le découvre dans la dernière partie de la BD, lorsque Howard, devenu gouverneur de la Barbade, retrouve la trace d’Irmina et l’invite à lui rendre visite.

    En plus de son superbe dessin et de son histoire touchante, cette BD m’a bouleversée par la subtilité et la délicatesse avec laquelle elle brosse le portrait d’une jeune femme aux multiples facettes…

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  • octobre312014

    Ils sont frangins. L’un est photographe, l’autre est dessinateur de BD. Avec eux, on plonge la tête la première dans l’immensité glacée de l’Antarctique.

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    Spécialiste des BD de voyage, Emmanuel Lepage relève avec brio le défi de rendre vivante cette terre gelée et nous sommes bien loin des paysages uniformément blancs que l’on pourrait imaginer. Ce d’autant plus que les frères ont plutôt décidé de nous raconter les aventures humaines qui rendent ce continent si passionnant. D’une part, les aventures extraordinaires des explorateurs qui l’ont découvert dans des conditions défiant l’imagination et d’autre part, l’installation des bases scientifiques et la vie des chercheurs, scientifiques et techniciens qui y vivent.

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    Le fil rouge du récit est néanmoins la relation des deux frères face à leur « grand projet », constamment mis en danger par la météo et autres impondérables : participer au « Raid ». Ce « Raid », c’est le réapprovisionnement, par convoi qui avance à 10 km/heure en moyenne, d’une base située au cœur du continent, à 1200 km de la côte. Réalisé dans le relatif confort qu’offre la technologie moderne, il permet quand même d’imaginer ce qu’ont pu vivre les explorateurs comme Scott, Amundsen ou Shakleton…

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    Découverte, aventure humaine, rencontres, dessin sublime et belles photos : la lecture de cette BD nous emmène vraiment au bout du monde!

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    Ajoutons que les livres sur l’Antarctique foisonnent cet automne avec deux albums sur Shackleton, un des grands explorateurs du continent. Le premier est une BD pour adultes ou ados qui relate son aventure incroyable: « Shackleton, L’odyssée de l’Endurance », aux éditions Cambourakis.

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    Le deuxième  – Le Voyage extraordinaire – est un magnifique album illustré à lire dès 8 ans. Lui aussi nous raconte l’histoire de cet équipage dont le bateau est pris dans les glaces et de ce capitaine qui ramènera tout ses hommes sains et saufs. Les illustrations, parfois petites et détaillées, parfois grandes et impressionnantes, nous montrent bien comment les hommes ont vécu sur la banquise, ainsi que leur ressenti devant son immensité…

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  • octobre152014

    Le puits – Iván Repila

    Posté par dans la catégorie: Adulte

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    Combien il est difficile de parler d’un livre qui vous prend tellement aux tripes. De mémoire de lecteur, je n’ai jamais été autant saisi par une telle force narrative, par une telle violence nécessaire. La lecture de ce roman est tout sauf confortable, mais vous en sortirez changés, grandis. Une sorte de roman d’apprentissage pour grands enfants, prêts à en découdre avec ce que l’humanité a de plus bouleversant.

    2 enfants dans un puits. Le Grand, et le Petit. On ne sait ni pourquoi, ni comment ils se sont retrouvés au fond de cette cavité profonde de 7 mètres, mais ils sont là, totalement dépourvus et en proie à une mort qui nous semble inévitable. On suit pendant des jours et des jours la lente et terrifiante déflagration de leur corps, de leur esprit et de l’humanité qui les habite. On se permet parfois d’espérer que l’issue ne peut être que porteuse d’espoir ; on découvre un conte éminemment tragique et juste sur l’amour fraternel.

    La préface de Zoé Valdés, d’une terrible justesse, annonce très clairement la couleur, et décrit un roman «qui a mérité sa place au panthéon des Jules Verne, Alain-Fournier et autres Antoine de Saint-Exupéry. Un roman indispensable, alors que beaucoup d’entre nous avions déjà annoncé la défaite de l’imagination contre la quotidienneté médiocre et étriquée.» On ne peut qu’affirmer haut et fort qu’elle a entièrement raison, que ce livre est un chef d’œuvre.

    Un extrait pour partager un peu avec vous cet extraordinaire moment de découverte littéraire :

    La journée se déroule sans accrocs, suivant leur routine de peurs et d’espoirs. Personne ne répond à leurs cris, mais ils commencent à s’y faire. Lorsque vient la nuit, le Petit s’accroche fermement à son frère.
    – Je ne me sens pas bien.
    – Je sais. Je le vois à ta tête. Tu as perdu du poids et tu es faible.
    – Peut-être que je devrais manger plus.
    – Pas encore. Calme-toi, tu vas t’habituer à la faim. Chaque jour, ton estomac rétrécit, voilà pourquoi tu as mal : il est en train de se contracter. Quand il se sera contracté au maximum, tu verras que ce tu manges là te suffira.
    – Mais je n’ai plus de forces. J’ai du mal à tout faire.
    – Je suis le fort. Toi, tu dois juste faire en sorte de résister. S’il arrive quelque chose, s’il fait froid, si tu as peur ou si un animal nous attaque, c’est moi qui te protègerai. Je suis ton grand frère. Essaie de dormir.
    – Je ne veux pas dormir tout de suite. ça me fait peur.
    – Pourquoi ?
    – Parce que je fais des rêves… des rêves bizarres. Je rêve que je mange des choses que je ne devrai pas manger. Je rêve de maman… Mes rêves sont horribles.
    – N’aie pas peur des rêves, ils ne sont pas réels. Ce sont des pensées qui se mélangent dans nos têtes, des souvenirs qu’on ne peut exprimer avec des mots. Si tu rêves que tu manges, ça veut dire que tu as faim, c’est tout. Si tu rêves que tu voles, ça veut dire que tu veux rentrer à la maison… D’accord ?
    Le Petit fait oui du menton. Les mots de son frère le tranquillisent ; il ferme les yeux. Avant de s’endormir, il lui demande dans un filet de voix :
    – Et rêver que je mange maman, ça veut dire quoi ?

    Iván Répila signe là un premier et fantastique roman, qui m’a fait littéralement replonger dans mes meilleurs souvenirs de jeune lecteur, quand je me laissais emporter par « Sa majesté des mouches », ou un peu plus tard avec « Des souris et des hommes ». Lisez-le, partagez-le, et vous serez vous aussi conquis par cette fable cruelle et moite, portée par une immense noirceur lumineuse…

    Traduit de l’espagnol par Margot Nguyen Béraud

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  • octobre102014

    L’Enfance de l’Art * Guillaume Long

    Posté par dans la catégorie: Adulte, Art

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    J’sais pas si vous êtes déjà allé(e) consulter (entendez par là « chez un psy » ^^) mais parait-il que nos actes, notre moi-profond, notre être adulte découleraient de notre enfance, parfois même d’un souvenir d’enfant (rien que ça ^^). Personnellement j’y avais découvert chez la dame que mes études d’Art étaient dues à la boite de crayons de couleurs que mon papa m’a offerte enfant (véridique ! On ne rigole pas; je vous vois coquins !)

    Bref ! Guillaume Long est parti du principe que les grands génies de l’Art ont puisé leur inspiration également d’un souvenir de leur enfance…

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  • septembre252014

    Love in vain * Mezzo et J.M. Dupont

    Posté par dans la catégorie: Adulte, BD

     

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    On dit de Robert Johnson que c’est le diable qui lui a appris à jouer de la guitare en échange de son âme. Cette histoire, qu’il colportait lui-même, la rareté de ses enregistrements et son talent indiscutable ont fait de lui la légende du blues qu’on connait. Sa vie fut courte et il ne laisse à la postérité que 29 morceaux enregistrés et trois photos, mais le mythe a irrigué l’histoire du rock, à travers des dizaines d’artistes comme Howlin’ Woolf, Jimi Hendrix, Jimmy Page, Eric Clapton et bien sûr Keith Richards, pour les plus connus. Aujourd’hui encore, les frères Cohen citent sa légende et les White Stripes reprennent une de ses chansons.

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  • septembre242014

    Le Détroit du Loup * Olivier Truc

    Posté par dans la catégorie: Adulte

    Dans le Grand Nord, au printemps, le soleil ne se couche presque plus et la lumière devient obsédante. A Hammerfest, les accidents et les morts étranges se multiplient. Klemet et Nina, de la police des rennes, sont chargés d’enquêter sur la noyade d’un jeune éleveur. De fil en aiguille, ils vont découvrir que cet « accident », ainsi que ceux qui suivent sont l’expression des  profonds conflits qui traversent la région.

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    Dans Le Dernier Lapon, Olivier Truc – spécialiste de cette région du monde – nous faisait découvrir cette immensité glacée et la culture des Samis, le dernier peuple aborigène d’Europe. Dans Le Détroit du Loup, il explore les conflits actuels entre éleveurs de rennes et industriels du gaz et du pétrole. Avec le développement de l’activité de ces derniers ainsi que des villes où logent les ouvriers, les pâturages des Samis se réduisent et leurs traditions, déjà bien mises à mal au cours de l’histoire, sont de plus en plus menacées.

    Tout cela sous-tend le récit d’Olivier Truc et c’est très habilement qu’il mêle le contexte réel à celui de la fiction. Cela passe notamment à travers une galerie de personnages nombreux et subtils, souvent désemparés face aux changements rapides de la région. Nous avons donc ici un polar passionnant, qui en plus de nous divertir, nous apprend énormément de choses sur le monde dans lequel nous vivons.

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  • septembre172014

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    Gros coup de cœur pour ce superbe album, dont l’histoire est originellement tirée de « La lettre de Flora », roman de Fred Paronuzzi paru chez Robert Laffont en 2006. Fred Paronuzzi a voulu donner une seconde vie a cette magnifique histoire et s’est associé au talentueux Vincent Djinda, pour nous livrer une BD poignante, sensible et particulièrement juste.

    L’histoire de Mattéo, père de famille qui sombre inéluctablement dans la spirale de l’alcoolisme, et qui en subit toutes les stigmates : isolement, mensonge, agressivité, destruction programmée. Le récit démarre fort, avec le départ précipité de sa femme et sa petite fille, et la lecture d’un courrier reçu d’italie, l’informant de la disparition prochaine de sa tante Zia.

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    En proie à des démons intérieurs dus à une enfance particulièrement, Mattéo va éprouver toutes les difficultés du monde à redresser le front et recommencer à se battre. Il va tracer seul la route, en direction de l’Italie, pour dire au-revoir à cette tante qu’il a tant aimé, et trouver un véritable but à son existence.

    Toute la sensibilité du récit de Fred Paronuzzi est portée par le trait fort et délicat de ce jeune illustrateur, qui n’a visiblement pas attendu des années pour nous témoigner son superbe talent.

    Un grand bravo à tous les 2 :)

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