
Cette claque mes amis !!! ça faisait bien longtemps que je m’étais pas pris un revers pareil à la lecture d’un roman
Ce roman c’est juste de la bombe en barre, un monument d’écriture et de drôlerie, le chainon manquant entre la littérature jeunesse et celle des adultes. Bon, par contre, j’aurais tendance à ne pas le conseiller avant 13-14 ans, parce que dedans, ça tranche sec. Et même si le roman bénéficie d’une incroyable dose d’humour, je me dis qu’un trop jeune public ne saura peut-être pas y être sensible…
Mais sinon, c’est quoi ? Parce qu’il est bien sympa le libraire, à nous vendre autant les mérites de ce beau pavé de 446 pages, paré d’une magnifique couverture photographique de Jean Tholance), mais de quoi ça parle ????
Alors, voilà l’histoire de Wilmuth, progéniture de 9 ans, orphelin de père et fils de sorcière, vivant en plein cÅ“ur du Moyen Âge. Wilmuth, autant le dire tout de suite, c’est l’anti Harry Potter. Et je suis sur qu’il aurait très mal prit la comparaison, tellement il en est loin. L’histoire démarre très vite (et garde un rythme infernal, malgré la densité de lecture), à la mort de sa pauvre sorcière de mère. Le pauvre Wilmuth va se voir envoyé dans un séminaire maléfique, tenu par l’infernal Triple Mort (vous aurez saisi les références
). Il va y apprendre tout sauf la bonne éducation et les bonnes manières, sera affublé d’un acolyte aussi explosif que naïf (et qui répond au joli sobriquet de « Mange Burnasse » – ça s’invente pas), et devra se frayer un chemin dans un Moyen Âge tenu de mains de maitre par Charlemagne.
Le roman est incroyablement bien écrit, et j’ai beauuuuucoup de mal à croire qu’il s’agit là d’un premier roman (d’autant plus si on s’intéresse de près au nom de l’auteur, comme me l’aura fait remarquer mon ami Kuzco, on s’apercevra que Devil signifie diable en anglais !…. l’enquête suit son cours….). C’est très bien pensé, le découpage des chapitres permet une lecture avide mais pas trop imposante, le style est juste incroyablement drôle, on y retrouve je ne sais combien d’expressions complètement détournées pour être adaptées au personnage démentiel de Wilmuth.
Pour moi, et de loin, un des meilleurs romans pondus depuis longtemps, et qui malgré un vrai parti-pris esthétique (bein quoi ? on est quand même loin des chevaliers d’Emeraude et de Tara Duncan non ???) saura se frayer un chemin dans la jungle de la littérature jeunesse (et je le conseillerai volontiers à de nombreux adultes). En tous cas, il pourra compter sur moi pour l’accompagner…
Au service du mal – Jean-Marc Deville
Les Editions des grandes personnes - 19 Euros)











