
Il y a des romans d’amour qui s’écrivent avec le coeur, d’autres avec les tripes, et quelques uns avec les 2. Nous étions des passe-muraille fait partie de ceux-là. Un de ces livres qui nous empoignent dès la première page, et qui ont la délicatesse de nous laisser tout en douceur. Je devrais certainement attendre quelques jours avant de vous en parler, car l’émotion a été très forte, mais je me dis qu’il vaut mieux laisser parler la spontanéité…
C’est une belle, une très belle histoire d’amour. Celle de Jean et Sarah. Sarah est malade, elle est anorexique, et se laisse partir à petit feu. Jean qui ne peut pas supporter de voir disparaitre ainsi va lui témoigner de tout son amour et va déployer toute son énergie pour l’aider à se relever… C’est aussi l’histoire de murs, ceux qui nous séparent, ceux qui nous empêchent de de nous rassembler, de nous aimer, de nous comprendre…
Je m’en voudrais de trop vous en dire sur cette superbe histoire, alors je vous invite à découvrir 2 extraits pour vous faire une idée. Je ne peux que vous dire que ce livre m’a touché comme jamais, que l’écriture de Jean-Noël y est vraiment belle, honnête, généreuse, exigeante. Je remercie l’Ecole des Loisirs de nous faire parvenir des textes aussi poignants et directs. Les références musicales y sont nombreuses, et donnent une autre résonance au roman de Jean-Noël…
C’est pour cette raison que je suis ici, paumé et gelé sur ce putain de vélo, à pédaler comme un fou, alors que je devrais être chez Pierre, à boire des bières et à fumer des joints. C’est pour ça que j’ai balancé mes bouquins de Brett Easton Ellis et de James Ellroy et que je me farcis de tas d’articles sur la psychiatrie auxquels je ne comprends rien.
Voilà pourquoi je n’ai pas de temps à perdre, et que, pour la première fois de ma vie, je sais exactement ce que je dois, ce que je veux faire. Et, puisque Sarah est folle, je pédale comme un fou

Teaser réalisé par Ãnanda Safo et mis en musique par les Magicrays
Plus la nuit avançait et plus Sarah s’affaiblissait sur mon dos. Je pouvais sentir son souffle pénétrer les pores de ma peau et me donner la force dont j’avais besoin pour l’emmener là-bas. Elle dormait, à présent. J’étais seul au monde. J’étais seul sur une petite route de campagne et je portais le poids du monde sur mes épaules.
Il pèse trente-quatre kilos, le monde, et il a les yeux bleu pâle de Sarah.
Un superbe roman, une écriture très forte. Un grand merci à Jean-Noël de nous l’avoir offert ainsi. Je lui souhaite un bel avenir d’écrivain, et attend ses prochains textes avec une impatience folle…
Nous étions des passe-muraille / Jean-Noël Sciarini
L’Ecole des Loisirs – Collection Médium
Mai 2009 – 9.50 €





























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